09 février 2008

Liberté de la presse : le double discours du président

Paradoxal pour un Président qui, lors de sa conférence de presse du 8 janvier, promettait un texte sur la protection des sources journalistiques, attaque un journaliste du Nouvelle Observateur, et non le journal, pour "faux, usage de faux et recel". Cela n’est qu’un nouvel exemple d’une stratégie claire : faire peur aux journalistes, internautes et autres médias et prévenir le buzz négatif. C’est la liberté d’expression qui est en cause.


"C'est un dépôt de plainte sans précédent dans l'histoire des relations entre un président de la République et la presse." Guillaume Malaurie, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur. En effet, il n’était plus dans les usages des chefs d’Etat en exercice, depuis une trentaine d’années au moins, de porter plainte contre des médias. "Cette affaire n’augure rien de bon pour les relations entre le pouvoir et la presse", a indiqué Reporters sans frontières. De plus, cette plainte est relayée par les ministres qui n’hésitent pas à comparer les journalistes à des charognards : "On a l'impression de voir des charognards qui ont humé l'odeur de leur proie et qui fondent sur lui, qui s'acharnent, parce que moi je trouve que c'est une véritable chasse à l'homme." a commenté Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'Homme, au micro de RTL. Cette attaque est d’autant plus choquante qu’elle vient d’un ministre qui devrait être un gardien de la liberté d’expression ! Peut-on envisager, accepter de condamner un journaliste qui utilise le conditionnel ("Si tu reviens, j'annule tout". Voilà le contenu d'un SMS que le chef de l'Etat aurait envoyé à son ex-épouse huit jours avant son mariage) et qui est protégé par la loi française et la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme quand on est responsable de ces mêmes droits de l’homme.

Nicolas Sarkozy a, par ailleurs, choisi la voie la plus dure pour attaquer en justice le site du Nouvel observateur : le chef de l’Etat poursuit sur la base du code pénal, alors qu’il aurait très bien pu engager des poursuites civiles pour atteinte à la vie privée, il choisi ainsi la voie la plus dure pouvant aller jusqu’à de la prison ferme ! Engager une poursuite au pénal permet, de plus, de faire convoquer le journaliste incriminé devant la justice et éventuellement de lui demander de révéler ses sources. Ce qui n’est pas le cas dans le cadre d’une affaire civile. Sur ce sujet, Sarkozy démontre duplicité car lors de sa conférence de presse du 8 janvier n’avait-il pas dit "Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources. Chacun doit le comprendre, chacun doit l'accepter. (...) Il m'arrive d'être mitigé sur le respect d'une certaine déontologie professionnelle de certains de vos confères, je ne l'ai jamais caché et je l'assume. (...) [Mais] je préfère les excès de la presse à l'absence de la presse." Enfin, le chef d’accusation de ’faux et usage de faux’ retenu par son avocat prévoit une peine d’emprisonnement. Même si nous faisons confiance à la justice pour faire preuve d’équité, cette manière de procéder suscite l’inquiétude et de nature à favoriser l’autocensure : Cette action "relève d'une volonté d'intimidation à notre égard et à l'égard de la presse en général", indique Michel Labro, codirecteur de la rédaction du Nouvel Observateur.

Enfin, la procédure est inéquitable car le président de la République est lui dans une position où il n'est pas possible d'investiguer sur son cas.

Mais pour Guillaume Malaurie, la plainte correspond d'abord à une "stratégie politique". Alors que "le Président est dans un climat de fragilité énorme", il contre-attaque en s'en prenant à la presse, la semaine où les trois principaux news magazines titrent "Le Président qui fait pschitt..." (Nouvel Observateur), "La déception" (L'Express) et "Ce qui Cloche" (Le Point).

Mais peut-être, le plus choquant c’est qu’on ne parle pas de la fin de l’article qui est sur le fond bien plus grave. En effet le Nouvel Obs révèle que : "Pendant son mariage, le chef de l’Etat est apparu à plusieurs témoins moins heureux qu’on aurait pu l’imaginer. Il était même particulièrement tendu lorsque Catherine Pégard, à l’issue de la cérémonie, lui a soumis un communiqué. Il l’a renvoyé dans les cordes : "Pas besoin de communiqué, tous ces cons, j’en ai rien à foutre" lui a-t-il lancé." Avant d’aller voter pour un candidat UMP, rappelez-vous : 1) leur chef n’en a rien à foutre de nous, 2) nous sommes qu’une bande de cons et en votant pour lui nous lui donnons raison.

Posté par Droite Moderne à 17:54 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur Liberté de la presse : le double discours du président

    Triste présidence

    Et il n'est qu'au début de son mandat...

    Posté par clamors, 12 février 2008 à 00:40 | | Répondre
  • Droit dans ses bottes

    Cher Président merci de confirmer encore et encore que vous etes une belle langue de pute comme si il était encore nécessaire que vous le prouvasse. Je voudrais également, cher président ,que meme si je n'ais point voté pour vous étant plutot centriste gauchiste, je vous remercie également de me donner du grain à moudre pour que je me foute tout les jours de vos chers électeurs, surtout qu'ils étaient prévenus, décidement la France aime bien les veaux.
    Napoléon Président, je ne vous salue point.

    Posté par Goro, 13 février 2008 à 23:24 | | Répondre
  • Rassurant...

    de lire des propos sensés, même de la part de gens de droite...Nous vivons une honte permanente...
    Résistons ! Vive la France !

    Posté par jeanlire, 13 février 2008 à 23:45 | | Répondre
  • thanks

    thanks

    Posté par louboutin boots, 26 mai 2010 à 03:01 | | Répondre
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