22 mai 2008
Retraites : Un gouvernement autiste et menteur
Alors que les syndicats sont aujourd’hui ouverts à des évolutions des systèmes de retraite, le gouvernement fait preuve d’autisme prenant le risque, comme lors de la réforme des régimes spéciaux, de bloquer l’économie française. De plus, afin d’imposer sa réforme le gouvernement ment. Les faits.
Les syndicats ne sont pas opposés à une réforme, ils y mettent seulement des conditions de bon sens : que le taux d’activité des seniors soit plus élevé et que la pénibilité du travail soit prix en compte.
Ces conditions sont tellement naturelles que la première loi Fillon avait prévue que les allongements futurs de la durée de travail seraient conditionnés par un niveau minimum pour le taux d’emplois des seniors et que des négociations devaient avoir lieu sur la prise en compte de la pénibilité.
5 ans plus tard, le taux limite le taux d’emplois minimum des seniors n’est pas atteint faute d’une volonté des entreprises de développer leur employabilité et le MEDEF freinent toujours des quatre fers contre la prise en compte de la pénibilité.
Face à cette situation, le gouvernement suit les demandes du
MEDEF est prétend qu’il ne fait qu’appliquer mécaniquement la loi de 2003 en
voulant passer à 41 ans de cotisation alors que selon la loi on devrait rester
à 40 ans. Le gouvernement ment donc aux français.
04 mai 2008
Joyeux anniversaire : Chapitre 1, l’économie et la réforme
La réalité est exigeante : on essaye de la cacher elle revient, elle est comme l’inconscient il ne peut s’empêcher de refaire surface. Pendant un an Sarkozy à essayer de nous faire croire que son programme économique était le bon, mais rien n’y fait, les faits sont là pour démontrer au combien son programme était inadapté et la France continue à faire moins bien que les autres Européens. Sarkozy nous parlait d’un cercle vertueux, nous avons une descente aux enfers.
Le choc de confiance :
6 mai 2007, les clignotants économiques sont au vert, aucune raison de creuser les déficits publics pour soutenir l'activité. Cela n'a pas dissuadé Nicolas Sarkozy de mettre en oeuvre immédiatement le plan de baisses d'impôts massives sur lequel il avait fait campagne, en tout, de l'ordre de 15 milliards d'euros de pertes de recettes fiscales pour l'Etat en année pleine, un peu moins de 1 % du produit intérieur brut (PIB). Cette politique allait à l'encontre des engagements de la France vis-à-vis des instances européennes, mais elle allait provoquer un tel "choc de confiance" que le rebond de la croissance qui en résulterait doperait au final les recettes fiscales et sociales, amenant rapidement le retour à l'équilibre des finances publiques.
Un an après, pas de trace de "choc de confiance". Bien sûr, la politique de Nicolas Sarkozy n'est pas seule en cause: la crise des subprime et la hausse des prix des matières premières pèsent lourd dans cet état de fait. En revanche, les conséquences négatives qu'on redoutait d'une politique fiscale favorable surtout aux plus aisés commencent à se concrétiser :
- le taux d'épargne des ménages a gagné presque un point entre 2006 et 2007, passant de 15,4 % des revenus à 16,3 % ;
- le déficit commercial de la France a bondi, passant de 30 milliards d'euros en 2006 à 39 en 2007 et c'est surtout vis-à-vis du reste de l'Europe que le trou s'est creusé, aggravant une tendance déjà marquée depuis 2002.
- l'emploi s'est beaucoup accru en 2007. Mais cette dynamique a brutalement
pris fin à l'automne : selon l'Insee, le rythme des créations d'emplois a été
inférieur à 0,1 % par mois sur les trois derniers mois connus - décembre
2007, janvier et février 2008 -, soit moins de la moitié du rythme enregistré
l'an dernier. Le ralentissement de la conjoncture joue bien sûr un rôle
important dans cette dégradation, mais la puissante incitation qui existe
désormais à faire effectuer des heures supplémentaires par les salariés déjà en
poste dissuade également les entreprises d'embaucher. En tout cas, l'Insee ne
prévoit plus de baisse du chômage cette année.
Ainsi, comme nous le prévoyons il y a un an, la politique économique de Nicolas Sarkozy n’a pas permis de redresser la France qui reste parmi les moins bons élèves de l’Europe : une croissance en berne, un emploi qui stagne et un pouvoir d'achat qui recule, tandis que les déficits sont en forte hausse, tant du côté des comptes publics que des comptes extérieurs. Cette performance vient d’être saluée par l’Europe qui vient de nous mettre un carton jaune ! Dure réalité.
Le pouvoir d’achat :
L’échec de la politique économique fait que Nicolas Sarkozy se retrouve coincé. Compte tenu de l'ampleur des déficits publics français et de la colère suscitée chez nos voisins par les mesures unilatérales prises l'an dernier, les marges de manoeuvre sont très limitées pour une nouvelle impulsion budgétaire susceptible de relancer l'activité. Un soutien du pouvoir d'achat des plus démunis, premiers touchés par la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation sera difficile : le RSA a minima sera financé par un transfert de l’aide aux démunis vers ceux qui le sont un peu plus ! L'accélération de la hausse des prix fait que le revenu moyen de chaque Français va - officiellement - baisser en 2008 pour la première fois depuis... 1984 !
Les réformes :
Pour réformer il y a deux conditions : la justice sociale et des budgets. Or en un an, la politique de Nicolas Sarkozy a fait reculé la France sur ces deux aspects. Le budget 2007 est marqué par un basculement significatif vers une moins grande justice sociale :
- l'impôt sur le revenu, payé par la moitié la plus aisée des Français, n'a rapporté que 0,5 % de plus qu'en 2006 soit une baisse en termes réels (la croissance nominale du PIB a été de 4,1 % en 2007).
- les rentrées de TVA, payée par tous les Français et, en proportion de leurs revenus, surtout par les plus modestes, ont gonflé de 4 %.
Un basculement qui devrait s'amplifier encore cette année, avec en plus une baisse prévue de 10 % des rentrées d'impôts en capital due aux réformes des donations et successions incluses dans le paquet fiscal de l'an passé. Tandis que, paradoxalement, le regain d'inflation devrait booster les rentrées de TVA, indexée sur les prix des produits, qui devraient croître de plus de 5 %... Aggravant ainsi le caractère très peu progressif du système fiscal français.
Le paquet fiscal de 2007 est non seulement économiquement inefficace, il limite surtout sévèrement la capacité du Président à mener les réformes structurelles qui devaient transformer en profondeur le pays et notamment son appareil d'Etat et ses politiques publiques. En effet, le gouvernement cherche en priorité des économies à court terme alors que les réformes commencent toujours par coûter cher dans l'immédiat, n'amenant des économies que par la suite. D'où les annonces variées auquel on a assisté ces dernières semaines, avec la suppression de la carte familles nombreuses à la SNCF, l'amputation des allocations familiales, le déremboursement par la Sécurité sociale des lunettes, la suppression de la dispense de recherche d'emploi pour les seniors, les suppressions de postes dans l'Education nationale... Une telle approche de la "réforme" ne peut en outre que braquer de multiples groupes sociaux, même dans la clientèle traditionnelle de la gauche. Les députés de droite, tout comme les commerçants et les petits patrons qui soutiennent les réformes, veulent toujours faire baisser les dépenses publiques, à condition toutefois qu'on ne touche pas aux hôpitaux, aux écoles, aux perceptions, aux tribunaux, aux bureaux de poste qui sont dans leur circonscription ou dans leur zone de chalandise... L'austérité risque fort de tuer les réformes.
Sarkozy nous annonçait un cercle vertueux : la baisse des impôts devait
créer un choc de confiance, le choc de confiance devait accélérer la croissance
et la croissance devait faciliter la mise en oeuvre des indispensables réformes
structurelles à venir. Nous avons l'inverse : la baisse des impôts
impose une réduction des dépenses, la volonté de réduire à court terme les
dépenses publiques, va aggraver le ralentissement de l'économie empêchant de
financer les réformes. Sarkozy à définitivement un zéro pointé en économie. Nous
aurions aimé nous tromper, nous avions malheureusement raison !
31 mars 2008
Dépénalisation : on ne nous dit pas la vérité !
Trois contres vérités : la pénalisation du droit des affaires est un obstacle au développement des entreprises, les sanctions administrative sont plus rapides et plus efficace et enfin la dépénalisation est une tendance internationale. Trois contres vérités qui arrangent bien les affaires de Nicolas Sarkozy. Démonstration (extrait d’un entretien recueilli par Alternatives Economiques avec Dominique Blanc : maître de conférences à Sciences Po) :
Un frein au développement des entreprises : la pénalisation du droit des affaires est le meilleur garant de ce dont le monde des affaires a le plus besoin: un cadre juridique stable et une dissuasion effective contre la fraude. Il faut en ce sens saluer la volonté affichée par la commission Coulon de maintenir, s'agissant notamment du droit de la concurrence, le principe de sanctions pénales. On dit aussi que le droit pénal fait peser trop de risques sur. De plus le pénal permet aux accusés de mieux se défendre. En effet, un mis en examen peut accéder à l'intégralité du dossier et être informé de tous les actes de la procédure contrairement à une enquête administrative qui offre moins de possibilité d'être informé des investigations en cours, et donc de les contester.
Lent et peut efficace. Les autorités administratives sont en effet réputées être plus rapides que la justice pénale. Mais la procédure pénale offre des moyens d'investigation (garde à vue, perquisition...) puissants face à des pratiques de plus en plus difficiles à débusquer, dont les autorités administratives ne disposent pas. Plusieurs affaires récentes jugées par le Conseil de la concurrence ont d'ailleurs trouvé leur origine dans des instructions pénales. Par ailleurs, les amendes administratives sont très souvent anticipées par les acteurs économiques, qui provisionnent le montant de l'amende probablement encourue. Cela rend la sanction administrative quasi indolore, à moins que l'autorité de régulation ne décide d'amendes très importantes. La sanction pénale, quant à elle, permet la mise en cause personnelle des dirigeants (et pas seulement celle de la seule entreprise personne morale); elle se révèle de ce fait plus dissuasive. Un seul exemple pour illustrer cela: les lourdes peines prononcées aux Etats-Unis en 2002 à l'encontre des dirigeants de Christie's et Sotheby's ont durablement marqué les esprits des entrepreneurs américains, mais aussi européens.
Une tendance internationale. Les Etats-Unis, modèle de notre omniprésident, disposent depuis longtemps de sanctions pénales très lourdes pour réprimer les ententes et les abus de position dominante. Et ils n'ont jamais renoncé à les mettre en oeuvre. Tout comme le Canada et l'Australie. Le Japon dispose quant à lui d'un double arsenal, administratif et pénal. Et, au sein de l'Union européenne, le Royaume-Uni a introduit en 2002 un délit spécifique sanctionnant les dirigeants d'entreprise ayant participé à une pratique anticoncurrentielle. De même, l'Irlande, la Grèce et la Slovaquie disposent d'une infraction pénale en la matière. Et même les pays dont la législation ne prévoit pas de poursuites pénales pour l'instant, comme la République tchèque ou la Suède, réfléchissent désormais à en introduire.
La dépénalisation n’est pas une solution, c’est un contre
sens historique : les récents événements montrent l’importance du contrôle afin de réguler un
capitalisme incapable de s’autoréguler.
30 mars 2008
Info en Sarkoland : semaine du 24/03
Le Mr élection de l’UMP est promu secrétaire d’état aux collectivités territoriales avec pour mission de redécouper les circonscriptions afin de tenir compte de l’évolution démographique tout en limitant les dégâts. En effet, selon la loi, il faudrait supprimer plus de 50 circonscriptions rurales favorables à la droite pour créer le même nombre de circonscriptions urbaines, favorable à la gauche. Exercice difficile pour cet expert. Source, Le Canard Enchaîné.
Rachid Dati sauvée dans le VIIème d’une candidature dissidente grâce à des "conseils amicaux" donnés à ce dissident et néanmoins directeur de cabinet du médiateur de la République. Source, Le Canard Enchaîné.
Modem de moins en moins lisible : en côtes-d’Or département
où le Modem s’était allié à la gauche, l’unique conseiller général du Modem
(contre lequel la gauche n’avait pas présenté de candidat) a permis à la droite
Sarkozyste de conserver le département en favorisant l’élection d’un élu du
nouveau centre. Comment voter pour ceux qui vous ont trahi et contre vos amis !
Est-ce bien conforme à l’esprit de la droite moderne ? Source, Le Canard
Enchaîné.
Droits de l’homme : les reniements de Omnimenteur
Durant la campagne, Nicolas Sarkozy avait promis de mettre les droits de l’homme au centre de la diplomatie française. Après la Libye et la visite de Kadhafi, la Russie, la mutation du Jean-Marie Bockel et le Tibet montrent le peu de cas que le président fait de ses promesses. Les faits :
En Mai 2006, le candidat Sarkozy avait dénoncé, à propos de l’Afrique, "les réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent". Jean-Marie Bockel, secrétaire d’état à la coopération et ministre d’ouverture, avait cru les discours du nouveau président. Grand mal lui en a pris, lui qui vient d’être remercié par Sarkozy et relégué aux anciens combattants. Sa disgrâce date du 15 janvier 2008 lorsqu’il annonce dans le monde vouloir "signer l’acte de décès de la Françafrique", univers où prospère "trop de rentes de situation, trop d’intermédiaires sans utilités claire, trop de réseaux parallèles." Cette déclaration s’est traduite par une avalanche de protestations de chef d’états africains sur les bureaux de l’Elysée. Bongo, président du Gabon, a publiquement menacé la France en déclarant vouloir trouver "des partenaires plus respectueux de la dignité de son peuple." Sassou Nguesso, président du Congo, a été plus discret mais peut-être plus efficace, en parlant de deux marchés importants (la concession du port à conteneurs de Pointe-Noire et la ligne ferroviaire Congo-Océan) convoités par l’ami du président et gentil organisateur de vacances présidentielles, Vincent Bolloré. La realpolitik aura eu raison de Bockel ! En tirera-t-il les conséquences ? Démontrera-t-il qu’il n’est pas entré au gouvernement juste pour les ors du pouvoir ?
En Janvier 2007, le candidat Sarkozy avait déclaré devant
des organisations humanitaire "Je ne crois pas à la realpolitik qui
fait renoncer à ses valeurs sans gagner des contrats. Le silence est complice.
Je ne veux être complice d’aucune dictature dans le monde (…) Je n’accepte pas
le sort qu’on fait aux dissidents dans de nombreux pays." Belle
déclaration. Quand est-il plus d’un an après ? La visite de Sarkozy en
Chine était un premier signe d’alerte, l’affaire du Tibet est la preuve
définitive du reniement présidentiel. Il aura fallu attendre le 24 mars pour avoir
une première prise de parole gouvernementale se limitant au strict minimum avec
un appel de la secrétaire d’état aux droits de l’homme à la "retenue"
et à "la fin des violences par le dialogue." reprenant les
termes utilisés par les Etats-Unis huit jours plutôt et se montrant en retrait
par rapport à l’Allemagne. Et d’ajouter "Si la situation empire, je me
vois mal, à titre personnel, assister à cette manifestation sportive (les
ouvertures des JO) sans réagir". Bernard Kouchner, d’affirmer de
son côté : "la répression au Tibet n’est pas supportable."
et de juger l’idée de boycotte des JO "pas mauvaise" mais "irréaliste"
et de conclure "l’hostilité face à nos amis chinois ne sera pas payante
(…) Inventons autre chose." On attend toujours. Il aura fallu enfin
attendre le voyage de Nicolas Sarkozy en GB et beaucoup de pression populaire
pour l’entendre enfin avec beaucoup de conditionnel. Face à se courage de la France
et de notre président, Pierre Moscovici trouve "Le silence du président
est assourdissant." Le député de l’UMP Lionnel Luca qualifie Kouchner
de "collabo" et Alain Juppé se gausse en estimant que l’on "demande
à Pékin de tuer avec retenue.". Mais c’est peut-être pour cela qu’il a
été si bien réélu à Bordeaux !
Rigueur, la sémantique gouvernementale
Alors que le gouvernement vient, enfin, de revoir à la baisse ses hypothèses de croissance pour 2008 et que l’on découvre que le déficit 2007 est supérieur aux estimations malgré les bons résultats de l’assurance chômage, le gouvernement continue de nier tout plan de rigueur. Vérité ou sémantique ?
Face à la tempête qui s'abat sur l'économie mondiale, le gouvernement va devoir prendre des mesures. Mais les caisses étant vides et l’état en faillite, sans remise en cause du paquet fiscal, une seule solution la rigueur. Après des mois de déni, le gouvernement commence à préparer les français : la croissance sera inférieure aux prévisions, mais le chiffre avancé reste supérieur aux prévisions des économistes. Le gouvernement a aussi décidé de geler 7 milliards dans le budget 2008, mais les cadeaux de campagne ont déjà bien entamé cette somme. Avec ce scénario optimiste, le déficit de la France pour 2008 devrait atteindre 2,7% du PIB soit contraire à nos engagements.
Source: Pancho, Le Monde
Le gouvernement va devoir aller plus loin. Ce n'est pas encore un plan de rigueur mais le principe de réalité reprend ses droits sur les choix budgétaires. "On va tailler dans les réformes sociales type RSA de manière à les rendre compatibles avec un budget de crise", confirme un député de la majorité, proche du premier ministre. Le gouvernement ne voulant pas, ne pouvant pas revenir sur le paquet fiscal, les premières victimes de ce plan de crise seront les défavorisés. Trois lois sont dans le collimateur :
- le revenu de solidarité active (RSA) promu par le haut-commissaire Martin Hirsch,
- la loi sur le logement de la ministre en charge, Christine Boutin,
- la loi pénitentiaire de la garde des Sceaux, Rachida Dati.
Le RSA, censé faire franchir le seuil de pauvreté aux personnes qui reprennent un emploi, devait être généralisé en 2009, après l'adoption d'une loi fin 2008. Or Bercy, tousse devant la note annoncée, entre 2 et 3 milliards d'euros, et le ministre du budget, Eric Woerth, a insisté sur la nécessité "d'intégrer les contraintes techniques et budgétaires" et a indiqué que le projet était "sur la table". Autre signe alarmant, lors de son allocution au conseil des ministres du 19 mars, Nicolas Sarkozy n'a pas mentionné le RSA dans la liste des chantiers prioritaires du gouvernement. En fait, Matignon réfléchirait à l'étalement sur trois ans (2009-2011) de la généralisation du dispositif.
Le logement, selon Mme Boutin, ministre du logement, le pays affronte une crise aiguë et doit rendre applicable la loi Dalo. Pour se faire elle travaillait sur "un projet de loi de mobilisation pour le logement. " Or, elle vient d'apprendre que son texte pourrait ne pas être examiné au Parlement lors de la session qui s'ouvre.
La loi pénitentiaire, versant humaniste de textes répressifs et initialement annoncé pour l'automne 2007, est aujourd'hui jugé moins prioritaire. Il n'est toujours pas finalisé et reste soumis à des arbitrages interministériels, car il requiert des crédits en provenance des ministères du budget, de la santé et du travail. Après une présentation partielle du projet aux syndicats, en février, une nouvelle présentation devait avoir lieu, vendredi, dans le cadre d'un comité technique paritaire ministériel, mais aucun nouveau texte ne leur sera soumis.
D’autres réformes vont dans le même sens. Par exemple, l’allongement à 41 ans de la durée de cotisation pour la retraite n’est pas là pour permettre, obliger les français à travailler plus dans la mesure où la France à un taux d’emplois pour les 55-64 ans parmi les plus bas d’Europe mais pour payer des retraites plus basses.
Plan de rigueur ou plan de crise, peu importe la sémantique, le résultat sera
le même pour les français : travailler plus pour ne pas gagner moins pour
les plus chanceux et toujours moins (de travail et de salaire) pour les autres !
Ce n’est pas seulement en changeant de comportement que notre omniprésident
bling-bling retrouvera sa popularité.
Détournement de fonds, le nom de Sarkozy cité
Me Gumery, conseillé du collectionneur d'art Jean Hamon, a produit une lettre signée par Nicolas Sarkozy datée du 13 octobre 2004, qui attesterait selon lui de sa connaissance du dossier Hamon, affaire dans laquelle André Santini, le secrétaire d'Etat à la fonction publique, est mis en examen. A cette époque Nicolas Sarkozy présidait le conseil général des Hauts-de-Seine. L'avocat souhaite aussi l'audition de la garde des sceaux, Rachida Dati, qui fut directrice générale adjointe des services du conseil général des Hauts-de-Seine.
Selon Me Gumery, les faits délictueux reprochés à M. Santini pourraient concerner également Nicolas Sarkozy. Il réclame que la juge d'instruction Nathalie Andreassian enquête sur les flux financiers autorisés par Nicolas Sarkozy, quand il était président du conseil général des Hauts-de-Seine.
Rappelons que, juste après son élection, Nicolas Sarkozy avait annoncé qu’il défendrait l’impartialité de l’état. Suite à ces déclarations, on avait été surpris de la nomination de André Santini au gouvernement alors que le nouveau secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique avait été mis en examen le 30 mai 2006 pour "prise illégale d'intérêts", "faux et usage de faux" et "détournement de fonds publics". On comprend peut-être mieux aujourd’hui la nomination de Santini !
Municipales & cantonales : une défaite éclatante de l’UMP suite
Au-delà des grandes villes, la gauche gère aujourd’hui 59,3 % de la population habitants dans des villes de plus de 9 000 habitants. Cela démontre l’ampleur de la défaite de la droite Sarkozyste, la stratégie de mensonge des représentants de cette droite sur le niveau de leur défaite et la soumission des médias qui n’ont pas relevé ces mensonges.
Jamais depuis un demi-siècle, voire depuis l'après-guerre, la gauche n'avait
été en position aussi forte dans la France urbaine ; elle fait mieux qu'en
1977, considérée jusqu'à présent comme son succès municipal le plus remarquable
et au terme duquel elle gérait 57,5 % de la population des villes de plus de 9
000 habitants. Plus la taille de la ville est grande, plus la domination de la
gauche est importante. Ainsi, compte tenu de la confirmation des municipalités
de gauche à Paris et Lyon et des succès des listes de gauche dans bon nombre de
grandes villes (Toulouse, Strasbourg, Rouen, Caen, Amiens, Metz, Reims, etc.),
la gauche administre désormais 71,7 % de la population des villes de plus de
100 000 habitants (contre 56 % en 2001).
24 mars 2008
Municipales & cantonales : une défaite éclatante de l’UMP
L’état UMP, son omniprésident en tête veut nous faire croire que les élection ne sont pas un défaite mais simple rééquilibrage. Si tel était le cas cela signifierait que pour eux l’équilibre se situe à gauche ! Est-ce vraiment leur conviction ou essayent-ils de cacher la vérité aux français. Nous prennent-ils pour des imbéciles ?
Lorsque l’on analyse les résultats les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les 10 plus grandes villes de France, la gauche en gère plus 7 ; sur les 20 plus grandes, la gauche en gère 14. Si on analyse les 307 villes de plus de 30 000 habitants la gauche en gère 183 soit 60% avec des villes qui seront pour la première fois de leur histoire gérées par la gauche. Quand on analyse les chiffres des cantonales, même constat, la gauche gère 58 départements sur 101 en sachant que la droite doit dans plusieurs départements de la direction au seul âge de ses élus ! Soit encore un rapport de force 60/40. Maintenant, il faut attendre les sénatoriales qui permettront peut-être à la haute assemblé de basculer pour la première fois à gauche, et si ce n’est pas cette fois de fait du renouvellement partielle, ce sera pour la prochaine. Aussi, soit les résultats ne sont qu’un rééquilibrage et cela signifie alors que l’équilibre est en faveur de la gauche. Soit l’état UMP, aidé par les médias, essaye de nous cacher la vérité, nous ment. C’est sans doute cette dernière qui est la plus plausible car, en privé, Nicolas Sarkozy reconnaît les faits : "Ça s’appelle quand même une branlé".
Ce scrutin confirme aussi la tendance des présidentielles avec une domination de la gauche dans les grandes villes et une résistance de la droite dans les zones rurales, conservatives et donc peut en accord avec la politique de réforme que met en avant Sarkozy. Cela nous rappel que Nicolas Sarkozy n’a été élu que sur une ambiguïté et que la légitimité du Président pour conduire sa politique de réforme était faible.
Lors de sa conférence de presse du 8 janvier, M. Sarkozy avait annoncé : "Je m'engagerai, parce que le concept même d'élection dépolitisée est absurde." Il est allé lancer la campagne au conseil national de l’UMP du 12 janvier. Cet engagement n’était pas nouveau et le président est toujours, même s’il en a plus le titre officiellement, président de l’UMP faut de remplaçant. Au vu des résultats des sondages défavorables au président, se dernier avait entamé un replis stratégique ne parlant plus que d’enjeux locaux et les candidats faisaient disparaître petit à petit toutes référence à l’UMP sur leur matériel de campagne. Dans les dernières semaines, notre omniprésident omnimédiatique s’est fait silencieux, sauf pour parler de sécurité et rassurer le seul électorat qui lui reste fidèle. C’est cette adaptation de la campagne qui a sans doute permis à la droite de sauver Bordeaux et Marseille, c’est l’effacement de notre omniprésident qui a permis d’éviter la déroute totale ! Ce n’est que dans son rôle de superflic, de super-défenseur des victimes que le président arrive encore à séduire ! Cela explique que la seule grande ville remportait par l’UMP l’ait été avec le soutien passif du front national.
L'équilibre de la France est autour des valeurs républicaines et humanistes. Cette France ne se retrouve pas en l'UMP. Il faut aujourd'hui construire un nouvel élan avec toutes les forces défendant ces valeurs.
Jugement à Nuremberg, un film d’actualité
Sans comparer la situation actuelle à celle de l’Allemagne en 1933, revoir le film de Stanley Kramer est un devoir car il apporte un regard utile sur les événements actuels, car il rappel que tout compromis avec les valeurs fondatrices de nos civilisations occidentales est le premier pas vers des crimes contre l’humanité, que nous avons tous une part de responsabilité.
Nos sociétés doivent être exemplaires ou elles légitiment toutes les dérives des pays qui ne respectent pas les droits de l’homme. Dans le film, l’avocat de la défense utilise des parallèles avec les forces alliées : aux Etats-Unis existait des lois sur la stérilisation, Churchill avait en 1938 implicitement soutenu la politique de Hitler la justifiant par le contexte, les Etats-Unis avaient soutenu le réarmement de l’Allemagne. Le juge lors de la lecture du verdict reconnaît cette culpabilité collective mais affirme que la responsabilité collective ne dédouane pas l’homme de sa responsabilité individuelle. Si nous regardons ce qui se passe actuellement, nous pouvons dire que nous ne sommes pas exemplaires. Les Etats-Unis en justifiant l’usage de la torture justifie toutes les dictatures. La France en ne reconnaissant pas ses crimes contre l’humanité lors de la colonisation et de la décolonisation n’est pas légitime pour condamner la politique de la Chine au Tibet. La France en ne respectant pas les droits de l’homme permet à des dictateurs tel que Kadhafi de justifier leur politique en la comparant à la notre. On comprend mieux les grands silences de notre ministre des Affaires Etrangères.
La justice doit être garant du respect des droits de l’homme et ne pas être au service instrumentalisé par le pouvoir. Les accusés du film sont des membres de l’institution judiciaire allemande. De part leur action ils légalisèrent le système mis en place par Hitler. Le juge américain du film, rappel qu’à partir du moment où on accepte, ne serait-ce que dans un cas, une décision injuste, contraire aux droits de l’homme, on accepte que dix, mille, un million de cas se produisent : on sait où cela commence, on ne sait jamais où cela s’arrêtera. Si nous regardons ce qui se passe actuellement en France nous ne pouvons que constater que nous ne sommes pas sur la bonne pente : par exemple, avec la loi sur la rétention de sûreté, on accepte qu’une personne soit privée de liberté pour un acte qu’elle pourrait peut-être commettre dans le futur, on accepte ainsi potentiellement l’enfermement arbitraire (rappelons ici que pour justifier la loi, la majorité c’est appuyée sur l’exemple allemand et une loi héritée d’Hitler !).
Le respect des valeurs fondatrices de notre civilisation est le garant ultime contre la barbarie. La loi n’est utile que parce que individuellement nous ne respectons pas les valeurs, mais ce sont les valeurs qui doivent guider nos actions. Si les juges qui ont légalisé la politique de Hitler sont coupables, ils ne sont pas les seuls. En effet, sans une somme de petits compromis avec les valeurs, la solution finale n’aurait jamais existé. Si l’armée allemande n’avait accepté les excès de Hitler pour retrouver sa puissance militaire, si les leaders économiques allemands ne les avaient pas acceptés pour retrouver la puissance économique, si le peuple allemand n’avait pas accepté la recherche de boucs émissaires… jamais la solution finale n’aurait existé : avec les valeurs il n’y a pas de compromis possible. Si nous regardons les dernières élections présidentielles en France, une partie importante de la droite a accepté des compromis avec ses valeurs convaincue que seul Nicolas Sarkozy pouvait rendre à la France sa grandeur économique ; Ils ont accepté un discours populiste, une dérive droite nationale juste pour un programme économique. Les français ont accepté le discours tendant à opposer telle France contre telle autre ; ils ont accepté l’utilisation de boucs émissaires. C’est pourquoi, directement ou indirectement, de nombreuses autorités morales (la ligues des droits de l’homme, l’église catholique…) ont appelé a un vote contre Nicolas Sarkozy.
Enfin, indirectement, le film nous rappel que le rôle moral de l’état est de pousser les hommes à la transcendance et non de flatter leurs bas instincts. C’est ça une politique de civilisation, c’est le contraire de ce que notre omniprésident fait.
Même si nous ne sommes pas dans la situation de l’Allemagne en 1933, même si Nicolas Sarkozy n’est pas Hitler, il est urgent de revoir ce film car il met en évidence certains maux dont nos sociétés occidentales souffrent et dont nous ne pouvons prévoir les conséquences. Individuellement nous avons un devoir de vigilance républicaine pour défendre notre modèle.
Info Rue 89 : Les juges dénoncent la pression du chiffre et les objectifs du gouvernement en termes de reconduites à la frontière.
