30 mars 2008

Droits de l’homme : les reniements de Omnimenteur

Durant la campagne, Nicolas Sarkozy avait promis de mettre les droits de l’homme au centre de la diplomatie française. Après la Libye et la visite de Kadhafi, la Russie, la mutation du Jean-Marie Bockel et le Tibet montrent le peu de cas que le président fait de ses promesses. Les faits :


En Mai 2006, le candidat Sarkozy avait dénoncé, à propos de l’Afrique, "les réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent". Jean-Marie Bockel, secrétaire d’état à la coopération et ministre d’ouverture, avait cru les discours du nouveau président. Grand mal lui en a pris, lui qui vient d’être remercié par Sarkozy et relégué aux anciens combattants. Sa disgrâce date du 15 janvier 2008 lorsqu’il annonce dans le monde vouloir "signer l’acte de décès de la Françafrique", univers où prospère "trop de rentes de situation, trop d’intermédiaires sans utilités claire, trop de réseaux parallèles." Cette déclaration s’est traduite par une avalanche de protestations de chef d’états africains sur les bureaux de l’Elysée. Bongo, président du Gabon, a publiquement menacé la France en déclarant vouloir trouver "des partenaires plus respectueux de la dignité de son peuple." Sassou Nguesso, président du Congo, a été plus discret mais peut-être plus efficace, en parlant de deux marchés importants (la concession du port à conteneurs de Pointe-Noire et la ligne ferroviaire Congo-Océan) convoités par l’ami du président et gentil organisateur de vacances présidentielles, Vincent Bolloré. La realpolitik aura eu raison de Bockel ! En tirera-t-il les conséquences ? Démontrera-t-il qu’il n’est pas entré au gouvernement juste pour les ors du pouvoir ?

En Janvier 2007, le candidat Sarkozy avait déclaré devant des organisations humanitaire "Je ne crois pas à la realpolitik qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner des contrats. Le silence est complice. Je ne veux être complice d’aucune dictature dans le monde (…) Je n’accepte pas le sort qu’on fait aux dissidents dans de nombreux pays." Belle déclaration. Quand est-il plus d’un an après ? La visite de Sarkozy en Chine était un premier signe d’alerte, l’affaire du Tibet est la preuve définitive du reniement présidentiel. Il aura fallu attendre le 24 mars pour avoir une première prise de parole gouvernementale se limitant au strict minimum avec un appel de la secrétaire d’état aux droits de l’homme à la "retenue" et à "la fin des violences par le dialogue." reprenant les termes utilisés par les Etats-Unis huit jours plutôt et se montrant en retrait par rapport à l’Allemagne. Et d’ajouter "Si la situation empire, je me vois mal, à titre personnel, assister à cette manifestation sportive (les ouvertures des JO) sans réagir". Bernard Kouchner, d’affirmer de son côté : "la répression au Tibet n’est pas supportable." et de juger l’idée de boycotte des JO "pas mauvaise" mais "irréaliste" et de conclure "l’hostilité face à nos amis chinois ne sera pas payante (…) Inventons autre chose." On attend toujours. Il aura fallu enfin attendre le voyage de Nicolas Sarkozy en GB et beaucoup de pression populaire pour l’entendre enfin avec beaucoup de conditionnel. Face à se courage de la France et de notre président, Pierre Moscovici trouve "Le silence du président est assourdissant." Le député de l’UMP Lionnel Luca qualifie Kouchner de "collabo" et Alain Juppé se gausse en estimant que l’on "demande à Pékin de tuer avec retenue.". Mais c’est peut-être pour cela qu’il a été si bien réélu à Bordeaux !

Posté par Droite Moderne à 18:56 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

Commentaires sur Droits de l’homme : les reniements de Omnimenteur

Nouveau commentaire