Rapport accablant sur la police en Seine-Saint-Denis
Les conclusions d'un rapport inédit rédigé fin 2006 sur les relations entre police et population en Seine-Saint-Denis ont été révélées samedi 2 juin. Le constat est accablant : le rapport souligne un "décalage" entre la "suractivité permanente" de la police et les "réalités subies par la population". A tel point que les auteurs parlent d'une "césure" entre la police et la population dans le département et mettent à mal le tout sécuritaire proposé par Nicolas Sarkozy. On comprend pourquoi le rapport n’a jamais été rendu public ! lemonde.fr avec AFP.
Le document a été commandé par le préfet de Seine-Saint-Denis à l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES), un organisme qui dépend du ministère de l'intérieur, mais jamais rendu public officiellement.
Les auteurs évoquent une "déferlante de violence" avec
un "nombre croissant de mineurs" mis en cause dans la délinquance,
une "dégradation", voire "parfois une césure" entre la
police et la population. La police se concentre trop sur la lutte contre les
stupéfiants ou les clandestins, affirme encore l'étude, dénonçant une "hausse
artificielle" de ses taux d'élucidation, qui lui donnent "une image
agressive". La Seine-Saint-Denis,
soutient l'étude, est dans une situation de "marginalisation croissante"
avec une "délinquance hors normes". Un "fossé se creuse avec les
autres départements" notamment pour ce qui est des faits violents constatés.
Quelles sont les solutions ? Il faut "renouer les liens avec la population des quartiers", "réorganiser le travail de la police et de ses techniques d'intervention". Un train de mesures est préconisé comme l'accueil dans les commissariats, une "doctrine d'emploi" des policiers et particulièrement des CRS. La police de proximité, dit aussi l'étude, a eu des "effets positifs incontestables" dans certains secteurs.