de Droite et Anti-Sarkozy

Pour défendre un modèle de droite moderne, humaniste, respectueuse de la démocratie et des valeurs républicaines.

28 mai 2007

Sarkozy : Dérive droite nationale confirmée !

Avant les élections présidentielles, les craintes d'une dérive vers l'extrême droite étaient nombreuses. Premiers signes avant même le second tour des législatives.


Au moins trois candidats du Mouvement Pour la France de Philippe de Villiers auront le droit de se présenter sous l'étiquette "la majorité présidentielle".

 

En Vendée, un accord électoral a été conclu avec Sarkozy. Les deux députés villiéristes sortants - Véronique Besse et Joël Sarlot - se représenteront avec le label de la « majorité présidentielle » et n'auront pas de candidat UMP contre eux.

 

De même, Alexandre Varaut est soutenu par l'UMP face au sortant, un UDF resté fidèle Christophe Lagarde, qui a été investi par le Mouvement Démocrate.

 

Par ailleurs, l'UMP représente dans le Nord son député sortant Christian Vanneste qui a été condamné pour homophobie, et ce alors que Nicolas Sarkozy avait juré au "Figaro" qu' "il ne serait pas réinvesti aux prochaines législatives". Encore une promesse oubliée.

 

Enfin, Jean-Marie Le Pen est de moins en moins hostile à l'idée de discuter avec l'UMP : "il ne faut pas insulter l'avenir". Ensemble tout devient possible !

Posté par Droite Moderne à 16:42 - Démocratie, morale, humanisme : Politique de Civilisation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :


EADS : de nouvelles promesses non tenues !

Lors de la campagne Nicolas Sarkozy avait pris position sur le dossier avec deux engagements et un commentaires. Quelques semaines après , il trahit sa parole et revoit ses ambitions à la baisse et ce sont les salariés qui en font les frais ! En revanche, sur les promesses aux plus riches, tout va bien. Sarkozy, le président de tous les français, surtout des plus riches.


Retour sur la campagne. Pour ne pas être en reste par rapport aux deux autres candidats pouvant prétendre au second tour, Nicolas Sarkozy fait lui aussi le détour par EADS. Il prend alors deux engagements :

  • abandon de la cession du site de Méaulte
  • renégociation du pacte d'actionnaires.

et affirme qu'il ne sent pas tenu par le plan Power 8.

Qu'en est-il 3 semaines après son élection ?

  • La vente de Méaulte est envisagée avec la constitution du joint-venture entre Airbus et Latécoère.
  • Power 8, Sarkozy change de discours. Il déclare qu'il faut un plan social et qu'il fait pleinement confiance au président d'EADS. Plus de remise en cause du plan.
  • Sur le pacte d'actionnaire et la présence de l'état, Nicolas a fait des propositions mais, contrairement à ce qu'il a dit, le gouvernement Allemand est extrêmement réservé.

Je ne vous mentirais pas, je ne vous trahirais pas, je ne vous décevrais pas. Les salariés d'EADS savent ce que ces mots ont comme valeur : les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Certains y ont crû mais on ne les y reprendra plus.

Posté par Droite Moderne à 16:01 - Les mensonges de Sarkozy - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

Contrôle des medias : un nouveau pas est franchis !

Après la censure de l'article du JDD, l'annonce depuis l'Elysée de la nomination de Laurent Solly, directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, à la direction générale de TF1 confirme les craintes de contrôle sur l'information. Cela nous rappelle l'époque de l'ORTF, 25 ans de progrès anéantis. Analyse des derniers événements.


L'arrivée de Laurent Solly est déjà un signe de remise en cause de l'indépendance de TF1. Que ce soit Franck Louvrier, directeur de la cellule de communcation du nouveau Président et ancien conseiller pour la presse et la communication du cabinet ce dernier au ministère de l'intérieur, qui annonce cette nomination montre que c'est une manoeuvre du nouveau pouvoir.

Cette arrivée et annonce met TF1 en situation délicate. En effet, il était prévu une arrivée à la holding de Bouygues et non directement à TF1 afin sans doute de faire cela dans la discrétion. De plus, le nouveau patron de TF1 ne semblait pas trop favorable à ce parachutage négocié par son prédécesseur. Ceci explique sans doute l'intervention de l'Elysée qui voulait être sûre du résultat.

Si on analyse les événements depuis le 6 mai 20h que des signes qui confirment les craintes, rien de rassurant.

  • Consigne des personnes en charge de la protection de Sarkozy aux policiers le 6 au soir : "Vous ne laisser passer que les deux (journalistes) de TF1 ! Ceux-là, ils ont le droit d'aller jusqu'à sa voiture et de le suivre ! Vous bloquez tous le reste."
  • Bayrou (plus de 18% de la France) n'a pas eu le droit à la retransmission de son intervention en direct de son intervention (4'30") et il n'a été repris que 17" sur TF1, moins de 40" sur France 2 et rien sur France 3. Rien de surprenant quand on sait que l'un des objectifs de Sarkozy est de le priver de tout espace politique !
  • Lors de la fête privée aux Fouquets nous avions parmi les invités : Bouygues, Bolloré (Direct TV, journaux gratuits et institut de sondages et candidat au rachat de TF1), Albert Frère (M6), Alain Minc (Le Monde). Seul absent, Lagardère car il avait eu le plaisir et la primeur  de le faire au siège de campagne plus tôt.
  • Censure d'un article dans le JDD sur le non vote de Cécilia Sarkozy.

Les premières actions (controle des médias, jet-set, propos de droite nationaliste...) de notre nouveau président nous font penser à Berlusconi. Ce dernier le dit :"Si on lit les discours de Sarkozy on s'apercevra que de nombreux points sont tirés de mes livres". Manifestement, comme Sarkozy nous l'a promis, il met ses discours en oeuvre, et ce pas pour la grandeur de la France.


 

Posté par Droite Moderne à 13:21 - Medias entre censure et culte de la personnalité - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

21 mai 2007

Ministère de l’immigration, l’intégration et de l’identité nationale : Un amalgame inacceptable !

Nous avions secrètement espérait qu’une fois élu, Nicolas Sarkozy mettrait de côté les propositions qui visaient à ramener les électeurs du Front National vers la droite républicaine et que, contrairement à nos craintes, ce n’était pas une parti de la droite républicaine qui s’était ralliée à la droite nationale. Hé bien nos craintes étaient justifiées !


Cette proposition qui a fait tant de bruit est l’une des premières à être mis en œuvre. Cette mesure avait levée l’indignation non seulement chez les gens de gauche, les droits-de-l’hommisme mais aussi chez de nombreuses personnalité de la droite républicaine comme Simone Veil. Cette décision est un signe fort et fondateur du nouveau Président, elle marque son ancrage à la droite de la droite, elle marque une rupture par rapport au président précédent qui avait rejeté tout compromis avec les idées de l'extrême droite.

Afin de mieux comprendre ce que cache cette appellation, il est intéressant d’avoir le point de vue d’historiens et de démographes qui depuis 2003 participent au projet de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI), cité qui a été voulue comme un nouveau lieu de l'histoire de France, au lendemain de l'élection présidentielle de 2002, à l'occasion de laquelle les Français avaient signifié leur refus de la tentation xénophobe.

Dans un article au Monde ils dénoncent « Un amalgame inacceptable ! »

Ce lieu entend changer le regard de nos contemporains sur leur société en rappelant comment, depuis deux siècles, les étrangers, venus par vagues successives, ont contribué à développer, à transformer et à enrichir la France. Rendre compte de la diversité des histoires et des mémoires individuelles et collectives, en faire l'histoire de tous, avec ses moments glorieux et ses zones d'ombre, aider ainsi au dépassement des préjugés et des stéréotypes, tels sont les enjeux qui nous ont mobilisés autour de ce projet.

L'instauration d'un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale" remet en cause ces objectifs. Les mots sont pour le politique des symboles et des armes (…) Associer "immigration" et "identité nationale" dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans notre République : c'est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l'immigration comme "problème" pour la France et les Français dans leur être même.

Ce rapprochement s'inscrit dans la trame d'un discours stigmatisant l'immigration et dans la tradition d'un nationalisme fondé sur la méfiance et l'hostilité aux étrangers, dans les moments de crise. Là où le pari de la CNHI était celui du rassemblement tourné vers l'avenir, autour d'une histoire commune que tous étaient susceptibles de s'approprier, ce ministère menace au contraire d'installer la division et une polarisation dont l'histoire a montré les ravages.

Voilà pourquoi nous démissionnons à compter de ce jour de nos fonctions officielles à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration. Nous tenons cependant à saluer le remarquable travail effectué depuis plus de trois ans par Jacques Toubon et toute son équipe. Nous avons pu y être associés dans un esprit de liberté intellectuelle et d'indépendance. Nous continuerons de soutenir ce projet tant que son esprit perdurera.

Posté par Droite Moderne à 22:38 - Démocratie, morale, humanisme : Politique de Civilisation - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

Ouverture, Bayrou ou Sarkozy ?

Pour que l'ouverture se transforme en réalité après les législatives il faut éviter de donner un chèque en blanc à Nicolas Sarkozy et mettre en avant le seul vrai candidat qui ai défendu la pluralité : François Bayrou.


L’ouverture est une attente forte des français qui pensent que l’opposition systématique appauvrit la France. Bayrou l’a compris et essaye de faire avancer le pluralisme. Nicolas Sarkozy aussi et il en a fait une arme médiatique. François Fillon l’a clairement rappelé sur TF1 : "On a un président qui a une légitimité exceptionnelle. Le rôle du chef du gouvernement et le rôle des ministres, c'est de mettre en oeuvre scrupuleusement le projet politique de Nicolas Sarkozy (…) on essaiera de prendre en compte les expériences, les avis, la différence de points de vue des hommes et des femmes qui constituent le gouvernement, mais en mettant cette diversité au service d'un projet politique". Voilà les acteurs de l'ouverture prévenus.

Rappelons nous le cas de Simone Veil qui avait condamné le ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Sarkozy n’avait pas pris en compte ses critiques et avait persévéré afin de conquérir les voix du Front National. Une fois élu, on aurait pu espérer qu’il ne le mettrait pas en œuvre, non et ses l’un de ses fidèles qui en prend la responsabilité. On pourrait parler de fidélité à la parole donnée, mais l’analyse des faits montre qu’il en est rien : il a déjà menti au français sur les liens entre Bolloré et le gouvernement, il a déjà piétiné l’impartialité de l’état.

Azouz Begag, expert dans les méthodes de Sarkozy, a déclaré « il est allé tellement loin pour draguer l’électorat du Front National en brandissant les carcasses des moutons pourris dans les tuyauteries de la société Française qu’il ne peut plus revenir en arrière (…) Tous les acteurs de la gauche qui acceptent de participer à son gouvernement ne pourront plus revenir d’où ils sont partis, à la source de leurs convictions. On ne peut pas faire ce jeu et dire que l’on est de gauche. »

Martin Hirsch, l'ex-président d'Emmaüs et tout nouveau haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, essaye de résister de l’intérieur : « je ne suis ni dupe ni naïf » et a accepté une position qui lui permet de ne pas être solidaire du gouvernement. Lundi 21 mai, il a utilisé sa liberté de parole et a déclaré que l'instauration de franchises sur les soins pour financer la sécurité sociale, une des réformes prônées par Nicolas Sarkozy, n'est « pas une bonne mesure. » Attendons la suite, malheureusement ce sera après les législatives.

Si nous souhaitons que les signes d'ouverture d’aujourd’hui devienne une réalité demain il faut que Nicolas Sarkozy n’ai pas la majorité au parlement. Autrement, les hommes qui auront franchi le pas ne seront que des pantins sans pouvoir. Gilles de Robien et Philippe Douste-Blazy en ont fait l’amère expérience. Il faut donner du poids au mouvement démocrate de François Bayrou.

Posté par Droite Moderne à 22:07 - Sarkozy : l'imposture permanente - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

15 mai 2007

Discours et actes

Comme souvent chez Nicolas Sarkozy, il existe une disjonction entre le discours et les actes. Analyse d'Alain Finkielkraut, philosophe (Le Monde, édition du 11.05.07).


On ne peut pas se réclamer du général de Gaulle et se comporter comme Silvio Berlusconi. On ne peut pas en appeler à Michelet, à Péguy, à Malraux et barboter dans le mauvais goût d'une quelconque célébrité de la jet-set ou du show-biz. On ne peut pas prononcer des odes à l'Etat impartial et inaugurer son mandat en acceptant les très dispendieuses faveurs d'un magnat des affaires.

 

Contrairement à ce qu'il avait annoncé sur un ton grave, Nicolas Sarkozy ne s'est pas retiré du monde pour habiter la fonction présidentielle : entre le Fouquet's, Falcon et palace flottant, il a oublié qu'il venait d'être élu président de la République. Il avait peut-être ses raisons que la raison ignore. Espérons cependant qu'il s'en souviendra, une fois de retour sur le plancher des vaches, et qu'il saura, comme il l'avait promis dans des discours de très haute tenue, incarner la France. Pendant trois jours, il nous a fait honte.

Posté par Droite Moderne à 22:40 - Sarkozy : l'imposture permanente - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

Victoire massive, légitimité fragile !

La victoire de Sarkozy est massive. De ce résultat le candidat considère qu’il a une légitimité forte pour conduire sa politique. Or cette victoire massive est entachée d’une ambiguïté congénitale qui rend la légitimité du Président discutable. A vouloir gagner Nicolas Sarkozy a perdu la légitimité !


 

L’analyse de la campagne nous donne, à minima, deux visages fort différents du Président. Le projet du candidat est d’inspiration libéral et réformateur quand le discours est empreint d’un bonapartisme protectionniste, conservateur, nationaliste.

 

Cette disjonction se retrouve dans les résultats.

  • Première enseignement, Nicolas Sarkozy fait ses meilleurs scores dans les régions où Jean-Marie Le Pen avait fait ses meilleurs scores, ce qui montre que le vote Sarkozy s’explique par le discours nationaliste.
  •  Lorsque l’on regarde les résultats par tranche d’âge, Nicolas Sarkozy doit sa victoire au vote des plus de 60 ans, les plus de 65 ans ayant voté pour lui à plus de 70%. Or la encore c’est le discours nationaliste, sécuritaire, anti-mai 68 qui explique le choix et non le libéralisme. Tous les autres ont majoritairement voté pour Ségolène Royal, sauf les 25-34 ans (entre 51% - 57%  pour Sarkozy selon les études). Cette deuxième catégorie correspond à la France qui souhaite le changement proposé, elle est minoritaire par rapport à la première catégorie.
  • Lorsque l’on regarde les résultats par zone, on constate que la droite domine en zone rurale, zone dans laquelle c’est le conservatisme qui domine et non le réformisme. En revanche, dans les villes, Ségolène Royal à améliorer les scores de la gauche. Bordeaux, Caen, Saint Etienne, villes de droite, ont massivement voté pour la gauche. Même à Paris la gauche a fait son meilleur résultat à une élection présidentielle. Seules villes qui restent à droite, Marseille où c’est l’apport du FN et Lyon où l’alliance actuelle anti-Millon reste majoritaire.
  •  Enfin, lorsque l’on regarde les résultats par CSP, les seuls professions qui ont voté Sarkozy sont les Artisans-Commerçants dont le vote est nationaliste, les agriculteurs qui sont conservateurs et les professions libérales / cadres supérieurs. Seule cette dernière catégorie a fait sont choix sur le programme de changement. Toutes les autres catégories, toutes les salariés, employés et ouvriers ont choisi la gauche.

En conclusion, si le projet du candidat était le changement, les français qui ont élu le Président sont les nationalistes. En revanche, pour la réforme, c’est l’approche de Ségolène Royal qui a été plébiscité. Entaché de l’ambiguïté du candidat, marqué du péché originel, la légitimité du Président pour conduire sa politique de réforme est faible.

 

Posté par Droite Moderne à 22:32 - Sarkozy : l'imposture permanente - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

13 mai 2007

Censure, premiers signaux

Cécilia Sarkozy n'a pas voté... scoop censuré du JDD selon les informations de Rue89, le scoop aurait été retiré sur intervention de Lagardère, propriétaire du groupe du JDD.


Samedi matin, l'article est donc mis au "menu" du journal du lendemain... Mais samedi après-midi, tout s'emballe. Jacques Espérandieu demande aux journalistes d'appeler la nouvelle "première dame" avant de publier le scoop. "Une façon de tuer l'info...", commente-on amèrement dans les couloirs du JDD. Sans surprise, Cécilia Sarkozy répond brièvement: "No comment". Plusieurs membres de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy interviennent alors. Il s'agirait de Claude Guéant, ex-directeur de la campagne présidentielle, de Laurent Solly, ex-chef de cabinet du ministre de l'Intérieur, et de Franck Louvrier, l'homme des relations avec la presse.

Espérandieu résiste à ces pressions. Jusqu'au coup de téléphone d'Arnaud Largardère, patron du groupe, qui exige que l'article soit remisé dans un tiroir. Ce qui est fait vers 20 heures...

La rédaction est sous le choc. Tous les journalistes ont en mémoire l'affaire Genestar, du nom du directeur de la rédaction de Paris Match, autre fleuron du groupe Lagardère. La crainte est partagée par l'ensemble de la profession (Voir « Nicolas Sarkozy inquiète les médias », Le Monde,  14.05.2007).

Enfin, en 5 ans la France a régressé de 24 places au classement mondial de la liberté de la presse, elle se trouve maintenant au 35ème rang mondial (source : Reporters Sans Frontières (11ème en 2002),
Reporters Sans Frontières (35ème en 2006)).

Cette nouvel histoire ne nous surprendra pas : "Je ne vous décevrais pas", nous ne sommes pas déçus !

20070513Sarkozyceciliadario

Posté par Droite Moderne à 22:58 - Medias entre censure et culte de la personnalité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

Impartialité de l’état déjà mis à mal !

Les premières heures après l’élection confirme les craintes d’avant élection : Nicolas Sarkozy piétine l’impartialité de l’état.


Comme une majorité de français je ne suis pas choqué par sa fête au Fouquet’s et ses vacances de Nicolas Sarkozy. Je trouve que c’est de mauvais goût et pas en accord avec son discours ; mais, si Nicolas Sarkozy est Show-off c’est son problème, s’il aime le mauvais goût comme Berlusconi c’est son choix.

Là où je commence à avoir des interrogations c’est sur qui est derrière ces événements.

  • Derrière le Fouquet’s on trouve le Groupe Lucien Barrière, or Libération dans son édition du 24/03/2007 et le Canard Enchaîné dans son édition du 25/04/2007 révélaient qu’une plainte contre X avait été déposée dans laquelle le Ministère de l’Intérieur était accusé d’avoir fait preuve de favoritisme à l’égard des groupes Barière et Partouche dans une affaire d’autorisation pour l’ouverture d’un casino en Gironde (Gujan-Mestras).
  • De même, le jet privé et le bateau utilisés par Nicolas Sarkozy appartiennent à Vincent Bolloré, financier qui détient de nombreuse entreprises, dont plusieurs sont des fournisseurs de l’état ou en relation étroite (voir par exemple l’article de La Tribune : Vincent Bolloré répond aux critiques sur ses relations avec Nicolas Sarkozy) et qui pourrait être intéressé par le rachat de TF1 si Martin Bouygues (autre ami de Nicolas Sarkozy) décidai de vendre.

Dans une entreprise ayant une bonne gouvernance, il existe un code d’éthique qui précise les relations entre les salariés, y compris le président, et les fournisseurs de l’entreprise et qui interdit tout cadeau de valeur afin de garantir l’impartialité. Ces codes d’éthiques prévoient des sanctions importantes en cas de manquement à ces principes, sanctions pouvant aller jusqu’au licenciement. Dans une telle entreprise, Nicolas Sarkozy aurait, à deux reprises, commis un manquement grave au principe d’impartialité. Conscient de cette dérive, Nicolas Sarkozy et Vincent Bolloré ont commencé par mentir en prétendant qu’il n’existait aucune relation entre l’état et Bolloré avant de devoir battre en retraite devant les informations précises qui se sont mises à circuler sur le net. Dans la seconde version (article de La Tribune) Vincent Bolloré plaide « Un chef d'entreprise ne doit pas être suspect a priori », ignorant ainsi les principes de bonne gouvernance qu’il fait appliquer dans ses entreprises vis-à-vis de ses fournisseurs ; faites ce que je dis pas ce que je fais !

Les français informaient ne seront pas surpris, l’affaire de son appartement est un autre exemple qui aurait dû nous mettre la puce à l’oreille.

Nicolas Sarkozy nous a dit « j’ai changé », mais a-t-il autant changé qu’il voudrait nous faire croire ? Le nouveau Président nous a dit « je ne vous mentirais pas » et au premier problème il commence par mentir ; Il nous a dit « je ne vous trahirais pas » et le lendemain il piétine allègrement l’impartialité de l’état ; Il nous a dit « je ne vous décevrait pas », je ne suis pas déçu. Mais c’est bien la seule promesse que j’aurai aimé qu’il ne tienne pas !

Posté par Droite Moderne à 22:40 - Impartialité : des promesses et la triste réalité - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

Drôle de victoire, Drôle de défaite !

Alors que l'on attendait des manifestation de joie chez les gagnants et de la tristesse chez les perdants, l'espérance était plutôt du côté des perdants, les gagnants semblant plutôt dominés par la peur, l’envie du repli, la désespérance.  Analyse :


La soirée électorale du 6 mai avait quelque chose d’inédit.

  • Côté vainqueurs, alors que la victoire est large, on ne sent pas une liesse populaire. Le nombre de français devant le siège de l’UMP est limité et nettement inférieur à celui devant le siège du PS. Certes, cette différence est partiellement masquée par les prises de vue faites par les télévisions qui dans un cas font un plan serré privilégiant la largeur de la rue, dans l’autre un champ profond sur toute la longueur de la rue de Solférino. De même, la fête de la Concorde ne rassemble que 30 000 personnes et se termine peu après minuit. Enfin, le vainqueur choisi de s’enfermer avec ses proches, les riches dans un hôtel de luxe des champs Elysées plutôt que de partager sa victoire avec ses supporters qui devront patienter.
  •  Côté vaincu, alors que la défaite est significative, une foule importante de supporter s’est massée devant le siège du PS avec la conviction qu’un mouvement c’est mis en route et que cette défaite n’est qu’une péripétie sur un chemin qui conduira vers une France plus juste, une France meilleure, une France aimante. Cette foule est galvanisée par la présence de Ségolène Royal qui, tout sourire et de la terrasse, remercie ses supporters, les invite à poursuivre l’élan amorcé. Elle part et revient comme les vedettes les soirs des grands concerts. Ensuite commence la musique de la campagne reprise en cœur par la foule qui se met à danser. Enfin, la foule se disperse, certains allant à la Concorde partager leur élan avec les vainqueurs, d’autres rentrant chez eux prêt pour les combats et victoires prochains, les derniers se dirigeant vers la Bastille, lieu traditionnel de rassemblement des gauches.

 

 

Pourquoi une telle situation ? Je pense que la réponse est dans l’analyse de la campagne et des résultats.

  • Nicolas Sarkozy a usé de la méthode la plus efficace qui soit pour accéder au pouvoir (et pour l’exercer ensuite). Il a joué sur nos "passions tristes" telle que la haine, l’envie, la jalousie, la colère, la vengeance : "Inspirer des passions tristes est nécessaire à l’exercice du pouvoir", enseignait Gilles Deleuze dans un cours sur Spinoza prononcé à Vincennes le 24 janvier 1978. Il a systématiquement instrumentalisé les émotions suscitées par les crimes, joué la stigmatisation, opposé deux Frances (pas toujours les mêmes), dénoncé les boucs émissaires : les assistés, les fonctionnaires (ces privilégiés...), les syndicalistes, les fraudeurs, les voyous, les racailles, "ceux qui profitent du système", "ceux qui demandent toujours et qui ne veulent jamais rien donner", et puis les égorgeurs de moutons, les soixante-huitards, les adeptes de la repentance, les élites de gauche (toujours du côté des délinquants et des assassins, jamais de celui des honnêtes gens, n’est-ce pas ?), les juges trop laxistes de Bobigny, les policiers qui jouent au rugby avec les jeunes au lieu de les mettre en prison, et même les politiques et les technocrates. Spinoza dit, dans le Traité théologico-politique, que c’est cela le lien profond entre le despote et le prêtre, ils ont besoin de la tristesse de leurs sujets (la tristesse étant prise au sens rigoureux qu’il a su lui donner : la tristesse c’est l’affect en tant qu’il enveloppe la diminution de la puissance d’agir") d’où cette absence de liesse chez les supporters le soir de la victoire. Cette mise en avant des « passions tristes » avec la dynamique, la joie qui a porté la campagne de Ségolène Royal et qui était encore la dimanche soir.
  •  Derrière cette unité dans l’approche, Nicolas a mis l’accent sur deux axes : la sécurité (au sens large, y compris le protectionnisme économique), l’autorité avec des accents de bonapartisme protecteur d’un côté et le libéralisme, l’individualisme et la rupture de l’autre. Ces deux aspects du programme de Nicolas Sarkozy sont contradictoires et oppose conservatisme et réforme, repli sur soi et mouvement. Ce faisant, sur à la Concorde nous avons vu la partie de son électorat réformiste, les autres étant tranquillement chez eux à regarder TF1. Mais comme le montre l’analyse des résultats la partie réformiste est minoritaire.

Posté par Droite Moderne à 19:27 - Pourquoi je n'ai pas voté Sarkozy - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :
« Accueil  1