11 juin 2007
Vie quotidienne en Sarkoland : Semaine du 11 juin 2007
Image: Cécilia Sarkozy vote avec Nicolas Sarkozy, photo comme preuve à la une du Monde. le 6 mai Cécilia ne vote pas, censure du JDD. Voilà la liberté de la presse.
Les mensonges de François Fillon
Dans son Livre « La France peut supporter la vérité », François Fillon affirme une exigence de vérité, alors pourquoi nous ment-il sur son bilan ? L’article L 97 du code électoral punit d’emprisonnement et d’amende ceux qui « à l’aide de fausses nouvelles ou autres manœuvres frauduleuse (…) auront surpris ou détourner des suffrages. » François Fillon est-il concerné par cet article ? Ses propos sur la réforme des retraites, le chômage et le plein emploi pourraient le laisser penser.
La réforme des retraites :
François Fillon se présente comme l’homme qui a réussi la réforme des retraites, mais quant est-il dans les faits ? Si par réussir la réforme on entend avoir fait voter une loi, François Fillon a effectivement réussi. Si par réussir en entend avoir résolu le problème du chômage les chiffres montrent un échec. En effet, l’objectif de la réforme de 2003 était l’allongement de la durée de travail alors qu’une étude de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse montre qu’on est jamais parti aussi tôt à la retraite qu’en 2006 : en 2001 et 2002 l’âge moyen de départ à la retraite était supérieur à 62 ans, en 2006 nous sommes passé en dessous de 61 ans ! De même, les caisses de retraite étaient à l’équilibre en 2002, et devaient le rester quelques années encore selon les prévisions de la CNAV, ont cumulé plus de 7 milliards d’euros de déficit.
La baisse du chômage :
François Fillon a repris le discours du gouvernement précédent sur la baisse historique du chômage et affirme (Les Echos, 30/04/2007) que les chiffres sont les « meilleurs depuis 1983 ». Si nous faisons fi des manipulations des chiffres, de la non publication de l’étude annuelle de l’Insee qui annonçait un chiffre supérieur et des critiques de l’Europe et que l’on regarde les chiffres dans le détail on observe que entre 2002 et 2007 que le nombre de chômeur total (total des inscrit plus les plus de 55 ans dispensés de recherche d’emploi) la baisse en 5 ans est inférieure à 100 000 chômeurs. Si a ses chiffres nous ajoutons l’effet de l’abaissement de l’âge du départ à la retraite (500 000 personnes) et la hausse des RMIstes (200 000 personnes) qui n’émargent plus à l’ANPE (radiation, lassitude d’une recherche vaine…), dire que les chiffres sont meilleurs relève, au mieux d’une insulte, au pire d’un mensonge délibéré.
Le plein emploi à plein temps dans 5 ans :
Jean-Louis Borloo revendique d’avoir créé 200 000 emplois de service en 2 ans. Or on apprend dans Les Echos que ces personnes travaillent en moyenne 15 heures par semaines, on est loin du temps plein. On observe la même évolution aux Etats-Unis où la durée moyenne de travail des non chômeurs est passée de 38,6 heures hebdomadaires à 33,7en 4o ans, dont 0,5 heure entre 2000 et 2005. De même au Japon. Nicolas Sarkozy, François Fillon connaissent ces chiffres et savent que sans réduction du temps de travail il n’y aura pas de plein emploi, surtout si l’âge de départ à la retraite augmente effectivement.
En conclusion, les trois promesses ci-dessus, réussir la réforme des retraites, baisser réellement le chômage et arriver au plein emploi à temps plein plus travailler plus pour gagner plus ne sont pas compatibles. Soit ils le savent et nous mentent en tout connaissance de cause, soit ils sont parfaitement incompétents. Chacun choisira, mais dans les deux cas les 59 mois qui nous restent promettent de mauvaises surprises.
09 juin 2007
Vie quotidienne en Sarkoland : Semaine du 4 juin 2007
Nicolas Sarkozy a assisté aux obsèques de Jean-Claude Brialy: mobilisation de centaines de policiers, bouclage de l'Ile Saint-Louis, les voitures garées prêt de l'église mise en fourrière, boutiques fermées, rues fermées à toute circulation, même piétonne. Du jamais vu, sauf pour le déplacement de Sarkozy à la mairie de Paris. Assiste-t-on à la mise en place d'un état sécuritaire ?
Ministère de l'immigration et de l'intégration ? A écouter le ministre il semble que la logique en vogue soit l'éloignement pour lequel nous avons des objectifs chiffrés et non l'intégration. A moins que la solution de l'intégration soit l'expulsion !
La maison blanche a enfin obtenu que l'aviation française protège les navires américains du golfe Persique et du détroit d'Ormuz. La France n'est plus arrogante, elle devient guerrière, merci Sarkozy.
"C'est un très bon début, il n'y a eu qu'une connerie, celle de Woerth. On examinera son sort plus tard. Vous savez ça ne fait jamais de mal de faire un exemple". Le régime de la terreur est-il de retour ?
Je ne vous décevrait pas. Qu'en pensent les français qui pensaient devenir propriétaire grâce à la mesure de défiscalisation des intérêts d'emprunt ?
Le directeur de l'office du tourisme de malte à Paris nommé chevalier de l'ordre national du mérite. Normal lorsque l'on permet à un futur président d'habiter sa fonction.
Sarkozy un néo-colonialiste, la preuve
Regard acéré sur le monde que nous prépare Nicolas Sarkozy. Ni haine, ni diabolisation, mais la réalité d'une droite décomplexée au pouvoir:
Réfutations chap. 9 : Néo-colonialisme
envoyé par lautrecampagne
« Pour soutenir cette action, qui en appelle de nouvelles, vous pouvez acheter le DVD du film Réfutations sur le site www.lautrecampagne.org ou par chèque (10 euros) à l’ordre de l’Autre association, 3 rue des Petites Ecuries, 75010 Paris. »
La morale et l’humanisme vivent-ils leurs derniers jours ?
La victoire de Nicolas Sarkozy est un signe fort sur l’état de la France. Les valeurs morales et humanistes sont mise à mal tous les jours. Sans une résistance elles risquent de disparaître.
L'analyse des électeurs de Nicolas Sarkozy montre qu'ils se divisent en deux catégories : ceux qui, selon de principe de l’efficacité, acceptent de faire passer la morale au second plan et ceux qui la morale se réduit à l’individualisme, l’égoïsme et le rejet des autres. Dans la première catégorie on trouve des personnes comme Simone Veil qui, bien que choquée par le ministère de l’identité nationale et de l’immigration, accepte de soutenir Nicolas Sarkozy. Dans la seconde catégorie on retrouve :
- les anciens électeurs de Jean-Marie Le Pen qui se retrouvent dans le discours sécuritaire, anti-immigration
- mais aussi tous ceux qui ont un sentiment d’injustice vis-à-vis de telle ou telle catégorie, les chômeurs qui sont tous des parasites, les enseignants qui font ce métier pour les vacances ou les actifs qui ne veulent plus travailler comme avant…
- ou encore ceux qui sont adeptes du chacun pour soi et refusent tout idée de partage avec les moins favorisé. Les commentaires sur mon blog précédent sur le droits de successions sont de se point de vue instructifs.
Ces trois dernières catégories ayant des recoupements importants.
C’est dans ce cadre que s’inscrit le discours de Sarkozy, derrière son objectif de décomplexer la droite, les droites, se cache en fait une guerre contre la morale et l’humanisme. Il faut que les électeurs assument leur jalousie cause, bien souvent, des sentiments d’injustice, qu’ils n’aient plus honte de leur égoïsme, qu’ils assument d’avoir des pulsions de rejet des autres. Les exemples sont nombreux :
- Comme Jean-Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy a repris à son compte la phrase « je dis tout haut ce que les gens pense tout bas », alors que nous savons bien que ce que nous n’osons dire ferait mieux de rester tu.
- Les attaques contre la « morale de gauche » qui serait une sorte d’inquisition intellectuelle. Le discours de François Fillon est plus qu’explicite : « Il faut rompre, pour rejeter l'imposture morale de cette gauche qui joue à colin-maillard avec l'Histoire, la gauche des grandes âmes sèches, qui pratique la justice sociale comme on offre un caramel mou, du bout des doigts, à la sortie des kermesses dominicales, celle qui n'ose plus aimer la France, celle qui considère comme déplacé d'être fier, celle qui prêche le statu quo quand tous les Français disent : 'nous voulons autre chose, nous avons faim de réussir ». Comme si la réussite s’opposée à la morale.
- Enfin, comme le montre les propos de Fillon, la remise en cause de la repentance entre aussi dans cette démarche : si nous n’avons jamais failli pourquoi serions nous aujourd’hui en faillite morale. Or pour être fier il faut assumer sa part d'ombre sauf à être simplement arrogant. Le discours de Nicolas Sarkozy néo-colonialiste est sur ce point éloquent aussi.
Nous aurions pu croire qu’une son objectif atteint, il
retrouverait une position mesuré, ce premier mois montre qu’il n’en est rien,
la guerre reste ouverte. Nous devons résister, nous devons montrer qu'efficacité
ne s’oppose pas à humanisme, nous devons dénoncer les dérives quotidiennes afin
qu’elles ne se banalisent pas, nous devons trouver un discours qui ne soit pas
culpabilisant tout en restant ferme sur le fond, nous devons redonner à la
société l’envie de se dépasser, de se transcender. Le chemin est étroit et la
pente forte mais cela a toujours était le cas et les succès du passé montre que
nous avons raison de croire, d’agir.
Voir aussi : Le détail de François Fillon, toujours plus prêt du FN !
03 juin 2007
Choc de confiance : la défiance des économistes !
Les propositions fiscales de Nicolas Sarkozy ne convainquent ni les économistes, ni les syndicats, ni l’Europe, ni ses ministres mais il tient ferme contre une soit disante pensée unique. Seul le MEDEF et les favorisés sont pour.
Analyse :
François Fillon nous a expliqué qu’il fallait provoquer un « choc de confiance » afin de faire gagner à la France un point de croissance supplémentaire. A l’ordre du jour 5 mesures :
- Défiscalisation des heures supplémentaires,
- Déduction des intérêts d’emprunt immobilier du revenu imposable,
- Encouragement du cumul entre l’emploi et la retraite,
- Suppression des droits de succession pour environ 90%-95% des Français,
- Instauration d’un bouclier fiscal à 50%, y compris la CSG et la RDS.
Première critique, le coût de ces mesures qui est estimé à 15 milliards par l’OFCE selon la Tribune (soit 1% de PIB) et leur impact sur la dette Française. Nicolas Sarkozy demande à être jugé en fin de quinquennat et prévoit d’augmenter la dette « A 1 100 milliards de dette publique, on ne va pas mégoter sur 1 ou 2 milliards ». Cette dérive inquiète Bruxelles car elle revient sur les engagements de la la France qui avait promis de ramener les comptes à l'équilibre et la dette en deçà de 60 % du produit intérieur brut à l'horizon 2010. "La France ne peut pas ignorer que le pacte a été réformé, il est plus intelligent, plus souple, mais il existe des lignes rouges : en période de vaches grasses, il faut poursuivre la réduction des déficits", indique un collègue de M. Almunia. Soucieux de voir respecter le "volet préventif" du pacte, Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, appelle à "ne pas répéter l'erreur" qui consisterait, comme par le passé, à ne pas faire des économies en périodes de vaches grasses comme lors du boom Internet. De même, devant le coût élevé de ses mesures, Eric Woerth, le nouveau ministre du budget, voulait réduire le périmètre de ses mesures. Mais peine perdue, Nicolas Sarkozy l’a rappelé à l’ordre lors de son meeting du Havre : « La Politique doit imposer de l’audace aux administrations, aux experts, aux notables, aux frileux. »
Deuxième critique, un rendement économique mauvais pour une inégalité croissante :
- Défiscalisation des heures supplémentaires : Le premier problème est que cette mesure part d’une analyse erronée comme quoi les français travailleraient moins que leur collègues Européens alors que le Français travaille autant que l’Anglais et plus que la moyenne de l’Europe des Quinze et ce en ayant une productivité nettement supérieure avec un PIB à parité de pouvoir d’achat de 72 000€ par emploi contre seulement 62 000€ en Angleterre). Selon Eric Heyer, économiste de l’OFCE, cette mesure pourrait entraîner la perte de 75 000 emplois en cinq ans contre une création de 120 000 pour une étude du COE-Rexecode (organise proche du MEDEF qui, si on applique les hypothèses à l’action de Jospin entre 1997 et 2002, arrive à une décroissance de l’emploi !). Outre le fait de favoriser les personnes ayant déjà un emploi, la mesure limitera les gains de croissance du PIB car plus on est riche moins on réinjecte d’argent dans l’économie. L’élargissement de cette mesure en augmente le coût et pénalise/remet en cause d’autres mesures plus efficaces comme l’exonération de charges sur les bas salaires dont la suppression se traduirait par une perte de 250 000 à 300 000 emplois.
- Déduction des intérêts. Initialement prévu pour aider les Français à devenir propriétaire, la mesure change de nature et vis aussi à redonner du pouvoir d’achat à ceux qui viennent d’acheter. Par rapport à l’objectif initial, cette mesure est inefficace car le problème de l’immobilier est plus un problème d’offre que demande, aussi toute mesure qui favorise la demande se traduit par une hausse des prix qui captera toute la marge donnée. Ce ne sont donc pas les accédants qui profiteront de la mesure mais les propriétaires et les banques, les plus favorisés étant ceux qui profiteront et de la hausse des prix de l’immobilier et de la déduction. La bourse ne s’est pas trompée en saluant cette mesure par une hausse des sociétés immobilières et des banques. Quant au second objectif, la mesure aura un mauvais rendement pour les mêmes raisons que la défiscalisation des heures supplémentaires, et ce d’autant plus que le gain lié à la défiscalisation croît avec le niveau de revenu. Enfin, selon La Tribune, cette mesure pourrait être partiellement financée par une révision du système de prêt à taux 0 qui lui favorise les moins riches. Enfin, ce n'est pas en favorisantle marché immobilier que l'on va doper l'innovation et le développement économique.
- Encouragement du cumul entre l’emploi et la retraite. Aujourd’hui l’un des problèmes de la France est le faible taux d’emploi des 50-65 ans. (37,5% contre 50% en Europe). Afin de lutter contre ce problème, le gouvernement précédent avait mis en place un plan pour dynamiser l’emploi des quinquas et autorisait le cumul emploi retraite jusqu’à 1,6 SMIC. En remontant cette limite, cela ce traduira par un transfert d’emploi entre salariés seniors vers retraités avec une augmentation du chômage des premiers et un enrichissement des seconds. Comme pour les heures supplémentaires, l’effet sur la croissance risque d’être négatif.
- Suppression des droits de succession. Comme toutes les mesures précédentes, cette dernière profitera aux plus riches les autres étant déjà exonéré de droits de succession. Ce faisant le rendement de cette mesure est mauvais. De plus cette mesure nous ramènerait au 19ème siècle et consacrant une société d’héritiers, or l’histoire économique nous a appris que les sociétés d’héritiers ne sont pas les plus efficaces car elles ne favorisent pas ni le mérite et ni le travail, élément important si l’on en croit les discours de Nicolas Sarkozy. Enfin, des économistes voient en les droits de succession l’impôt du futur qui devrait nous permettre de financer les retraites. L'argument mis en avant par le gouvernement est que "quand vous avez travaillé toute votre vie, c'est pour vos enfants, pas pour l'état", ce qui revient à favoriser notre égoïsme et ne nous pousse pas à la solidarité !
- Bouclier fiscal est une hérésie économique. En effet, l’activation du bouclier fiscal est due l’existence de patrimoines improductifs, c’est-à-dire qui ne rapporte pas, ou dont les revenus ne sont pas pris en compte dans le calcul. Le meilleur exemple est la résidence principale, le fait d’avoir un bien immobilier et d’en faire sa résidence principale fait que ce bien ne génère pas de revenu. Apparemment toutefois car, d’un point de vue économique, le fait de ne pas payer de loyer pour se loger est une économie assimilable à un revenu. Cela fait que, toutes choses égales par ailleurs, deux personnes ayant le même patrimoine l’un investi dans des actifs générant des revenues et l’autre dans des actifs improductifs c’est le second qui aura le plus de chance de bénéficier de la mesure alors que c’est celui qui paye le moins d’impôts. La mesure proposée favorise donc doublement les investissements dans les actifs improductifs et donc moins générateurs de croissance du PIB.
Parce que toutes ces mesures sont en faveurs des plus favorisés, elles auront un moindre effet sur la consommation et donc sur la croissance.
Rapport accablant sur la police en Seine-Saint-Denis
Les conclusions d'un rapport inédit rédigé fin 2006 sur les relations entre police et population en Seine-Saint-Denis ont été révélées samedi 2 juin. Le constat est accablant : le rapport souligne un "décalage" entre la "suractivité permanente" de la police et les "réalités subies par la population". A tel point que les auteurs parlent d'une "césure" entre la police et la population dans le département et mettent à mal le tout sécuritaire proposé par Nicolas Sarkozy. On comprend pourquoi le rapport n’a jamais été rendu public ! lemonde.fr avec AFP.
Le document a été commandé par le préfet de Seine-Saint-Denis à l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES), un organisme qui dépend du ministère de l'intérieur, mais jamais rendu public officiellement.
Les auteurs évoquent une "déferlante de violence" avec
un "nombre croissant de mineurs" mis en cause dans la délinquance,
une "dégradation", voire "parfois une césure" entre la
police et la population. La police se concentre trop sur la lutte contre les
stupéfiants ou les clandestins, affirme encore l'étude, dénonçant une "hausse
artificielle" de ses taux d'élucidation, qui lui donnent "une image
agressive". La Seine-Saint-Denis,
soutient l'étude, est dans une situation de "marginalisation croissante"
avec une "délinquance hors normes". Un "fossé se creuse avec les
autres départements" notamment pour ce qui est des faits violents constatés.
Quelles sont les solutions ? Il faut "renouer les liens avec la population des quartiers", "réorganiser le travail de la police et de ses techniques d'intervention". Un train de mesures est préconisé comme l'accueil dans les commissariats, une "doctrine d'emploi" des policiers et particulièrement des CRS. La police de proximité, dit aussi l'étude, a eu des "effets positifs incontestables" dans certains secteurs.
Peines planchers ou le devoir de motiver la liberté
La nouvelle loi a pour but principal de rassurer les français à qui on a fait peur avec l’insécurité, de ramener les électeurs de l’extrême droite vers l’UMP. Le « rapport qualité/prix » est très défavorable : la mesure ne réduira pas la récidive, inverse la logique judiciaire et coûte à l’UMP une partie de son âme en reprenant les méthodes et discours inacceptable de la droite nationaliste.
Moins automatique que prévu, la loi proposée par Rachida
Dati en garde le fond et une nouvelle philosophie pénale se met en place. Jusqu'à
présent, le juge devait motiver la privation de liberté. La logique du projet
de loi présenté est inverse. C'est le maintien en liberté que le magistrat
devra justifier, ce qui sera particulièrement difficile du fait de l’engorgement
des tribunaux, surtout pour les comparussions immédiates.
Le laxisme de la justice est un mythe:
- La population carcérale n'a jamais été aussi nombreuse (63 365 personnes écrouées, en hausse de 4,3 % en un an), alors que, selon Nicolas Sarkozy, la délinquance aurait baissé.
- Les peines contre les débordements de manifestants anti-sarozy n'ont jamais été aussi importantes, allant jusqu'à de la prison ferme pour des jeunes sans passé judiciaire et soupçonnés d'avoir lancé des bouteilles vides.
Mythe qui a été largement entretenu par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'intérieure et qui a été mis à mal par un rapport commandé par Dominique de Villepin (Sarkozy pris en flagrant délit de mensonge par Matignon).
Rachida Dati présente en fait un texte idéologique. Elle semble remplir sa première mission : rassurer l'opinion en promettant que la justice se montrera plus sévère.
Mais à quel prix et pour quel résultat ?
- Nicolas Sarkozy en ayant reçu pendant une heure une famille de victime il a non seulement voulu marquer sa solidarité, il a surtout utilisé l’horreur qu’a vécu cette famille pour faire taire les critiques, il a utilisé cette famille pour légitimer sa réforme, il a utilisé le besoin de vengeance naturelle. Hors, un homme politique ne doit jamais se comporter comme cela, sauf à se rabaisser au niveau d’un Le Pen ou d’un de Villiers. L’homme politique doit justement être au-dessus des passions, aider les hommes à dépasser leur colère naturelle.
- En n'accordant aucune attention à la façon dont les peines sont exécutées et aménagées par les juges d’application des peines, en passant sous silence les conditions dans lesquelles les condamnés sont détenus, en négligeant l'accompagnement des sortants de prison, son projet néglige ce qui, en réalité, fait diminuer la récidive.
01 juin 2007
Identité nationale et immigration : inversons la problèmatique !
Le réseau scientifique Terra lance un appel pour que l’on remette les choses à l’endroit. Donnez lui force, signez cet appel et faites le signer !
Les huit personnalités qui viennent de démissionner du
projet de Cité nationale de l'histoire de l'immigration
(CNHI), particulièrement compétentes sur l'histoire de l'immigration
mais aussi de l'antisémitisme, du racisme et de la xénophobie, en
France, ont rappelé avec raison que la création d'un Ministère associant
dans son intitulé identité nationale et immigration "s'inscrit dans
la trame d'un discours stigmatisant l'immigration et dans la tradition
d'un nationalisme fondé sur la méfiance et l'hostilité aux
étrangers, dans les moments de crise". Nous approuvons également
l'Association française des anthropologues qui rappelle que "lorsque
l'État s'empare du thème de l'identité nationale, c'est partout une
incitation directe au mieux à la xénophobie, au pire à des violences
entre groupes d'origines différentes."
L'invention d'un nouveau Ministère n'est en effet pas un acte neutre mais
un acte de gouvernement à forte portée idéologique. Il institutionnalise
un système de pensée, légitime les discours et les actes qui s'y
réfèrent, tant des fonctionnaires que des citoyens, et active l'action
publique dans un sens déterminé. De quel système de pensée procède le
positionnement, au plus haut niveau de la hiérarchie symbolique et
administrative de l'Etat, de l'identité nationale face à l'immigration,
mais aussi face à l'intégration qui concerne tous les étrangers et leurs
différences et face au codéveloppement ainsi officiellement réduit à
un dispositif antimigratoire ?
Par ce cadrage idéologique et par les politiques qui en résulteront, la création de ce Ministère va enraciner plus encore dans notre culture politique l'opposition entre la question nationale et le fait migratoire. Il risque d'ouvrir une nouvelle page de notre histoire, celle d'un nationalisme d'Etat et d'une xénophobie de gouvernement tendant à stigmatiser l'étranger comme un problème, un risque, voire une menace pour l'intégrité ou l'identité nationale.
Si, au contraire, la finalité politique de ce gouvernement et, plus largement, des élites dirigeantes de ce pays, est de réduire ce risque, il leur incombe alors d'examiner l'hypothèse d'une problématique inversée : s'il y a un problème entre l'immigration et l'identité nationale, il provient de la place qu'occupe aujourd'hui, au terme d'une évolution de plusieurs décennies déjà, l'enjeu national dans les débats politiques. De même que l'antisémitisme ne résultait pas d'un "problème juif", la xénophobie qui s'exprime aujourd'hui ne résulte pas d'un "problème migratoire" mais d'une montée en puissance des idéologies xénophobes dans nos cultures politiques.
Nous appelons par la présente l'ensemble des institutions d'enseignement et de recherche, y compris les professeurs d'écoles, de collèges et de lycées, les revues de sciences humaines et sociales, les journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télévision, les organismes de réflexion affiliés à des partis politiques, syndicats et associations à assumer leurs responsabilités intellectuelles dans un tel contexte historique.
Nous les appelons à ouvrir, organiser et animer systématiquement, selon des modalités propres à chacun, un vaste chantier national de recherche, de débat et de réflexion sur les orgines des nationalismes, xénophobies et discriminations ainsi que sur les causes de leurs réapparitions périodiques dans l'histoire de l'humanité. Dans les cinq ans qui viennent il conviendra d'analyser particulièrement le rôle que peuvent jouer les institutions publiques dans l'exacerbation de ces phénomènes sociaux.
28 mai 2007
Modem : une vraie force alternative
Les medias voudraient nous faire croire que le pari de François Bayrou serait déjà perdu alors qu'à l'analyse des résultats il reste au coeur des législatives. Faisons que la défaite du 6 mai soit le point de départ du renouveau de la politique Française. Votons pour le Modem !
Analyse
Le Figaro du 25 mai dit "Malgré les 18,57% qu'il a obtenu au premier tour de la présidentielle, François Bayrou doit se faire une raison : sauf retournement de situation improbable, il ne sera pas en mesure de constituer un groupe à la prochaine assemblée. De même, Le Monde qui considère que, avec 15% des voix par rapport à un UMP à 35% et un PS à 30%, les chances d'élection de députés Modem est réduite.
Toutefois, l'analyse des résultats du premier tours de la présidentielle montre que le Modem est en mesure de se maintenir dans plus de 460 circonscriptions et de pouvoir faire la différence dans plus de 430. En fait, l'élection législative 2007 est une première en France : il pourrait y avoir plus de 476 triangulaires et 32 quadrangulaires, soit un tsunami électoral dont il est impossible de prévoir les effets.
Dans un tel contexte on comprend mieux les premières décision du nouveau président. Il s'agit de "dessouder définitivement Bayrou" comme l'a confié Sarkozy à ses troupes. "On va le priver complètement d'espace politique. Bayrou ne sait plus où il habite. Tous ses députés se sont barrés et son discours sur l'ouverture ne tient plus". Opération en trois étapes :
- Débaucher les députés de l'UDF avec un marchandage (ralliement contre absence de candidat UMP) tout en les privant des moyens de faire le travail de député (interdiction de voter les motions de censure et obligation de voter le budget).
- Limiter la couverture médiatique du Modem dans les médias amis (couverture faible du lancement du Modem ou de l'intervention de Bayrou à la télé).
- Mettre en oeuvre un semblant d'ouverture dans laquelle les ralliés n'ont le droit de ne rien changer par rapport au programme du candidat Sarkozy et où ils sont étroitement encadrés (Kouchner est sous la tutelle de du conseil national de sécurité, organe rattaché à la présidence et dirigé par un proche de Sarkozy et s'est vu refuser son choix de son directeur de cabinet).
Mais l'espoir qui s'est levé lors du premier tour de la présidentielle est toujours là. Plus de 75 000 français ont déclaré leur intention de s'inscrire au Modem, il y avait plus de 6 000 personnes au meeting du Modem au Zénith. François Bayrou a à juste titre cité Malraux : 'Si un certain nombre de parlementaires vous abandonnent, c'est dommage. C'est un incident. Mais si vous abandonnez une idée, l'idée dont vous avez vécu, ce n'est pas un incident. C'est un suicide'. Sarkozy confond rassemblement et ralliement, débauchage et adhésion.
Ne nous laissons pas mystifié pas la mise en scène élyséenne, transformons la vague du 22 avril et transformons cette défaite en point de départ de la reconstruction de la vie politique française.