23 février 2008
Censure et auto-censure de nouveaux éléments
Un nouvel exemple vient démontrer, si besoin en était, les risques que cours aujourd’hui la liberté de la presse et l’importance de la vigilance républicaine. La censure est intériorisée par un nombre croissant d’acteurs qui s’auto-censurent. Les faits :
Comme souvent dans l'année, Courrier International accompagne sa sortie d'une campagne d'affichage sur les bus et dans le métro. Le projet d'affiche arrive entre les mains de Métrobus, régie publicitaire de la RATP, plusieurs jours avant diffusion. Le premier projet présenté est le suivant :
Refus de Métrobus, qui demande une modification de l'affiche. Etonnement de Courrier International, qui, dans un esprit de compromis, propose une deuxième version :
Nouveau refus de Métrobus, qui n'avance pas de raison précise. Serait-ce l'effet Ryanair, affaire dans laquelle les avocats de Nicolas Sarkozy ont obtenu devant les tribunaux réparation pour une atteinte au droit à l'image ? Ou l'effet SMS, après la plainte pour "faux et usage" déposée contre le Nouvel Observateur ? Peu importe la raison, mais la pression exercée sur les médias a eu l’effet recherché par Sarkozy.
Le groupe Lagardère a réussi à faire encore plus fort que Métrobus, la régie publicitaire de la RATP: dans des boutiques Relay de tout le pays, les employés ont dû plier le haut de l'affiche pour que ce titre sacrilège n'apparaisse pas: "Vu de Madrid, Sarkozy ce grand malade".
Cette inventivité s'explique simplement : Lagardère (propriétaire des Relay)
a laissé la direction du magazine face à une alternative. Soit les affiches
partaient à la poubelle, soit elles devaient être pliées. Courrier
International, qui ne souhaitait pas gaspiller entièrement ses frais de
promotion, a préféré plier. Ces affiches, de format vertical contrairement à
celles censurées par Métrobus (lire ci-dessous), sont donc visibles à 600 exemplaires
dans des Relay en France. Mais le haut est caché ! Ni vu, ni connu.
09 février 2008
Liberté de la presse : le double discours du président
Paradoxal pour un Président qui, lors de sa conférence de presse du 8 janvier, promettait un texte sur la protection des sources journalistiques, attaque un journaliste du Nouvelle Observateur, et non le journal, pour "faux, usage de faux et recel". Cela n’est qu’un nouvel exemple d’une stratégie claire : faire peur aux journalistes, internautes et autres médias et prévenir le buzz négatif. C’est la liberté d’expression qui est en cause.
"C'est un dépôt de plainte sans précédent dans l'histoire des relations entre un président de la République et la presse." Guillaume Malaurie, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur. En effet, il n’était plus dans les usages des chefs d’Etat en exercice, depuis une trentaine d’années au moins, de porter plainte contre des médias. "Cette affaire n’augure rien de bon pour les relations entre le pouvoir et la presse", a indiqué Reporters sans frontières. De plus, cette plainte est relayée par les ministres qui n’hésitent pas à comparer les journalistes à des charognards : "On a l'impression de voir des charognards qui ont humé l'odeur de leur proie et qui fondent sur lui, qui s'acharnent, parce que moi je trouve que c'est une véritable chasse à l'homme." a commenté Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'Homme, au micro de RTL. Cette attaque est d’autant plus choquante qu’elle vient d’un ministre qui devrait être un gardien de la liberté d’expression ! Peut-on envisager, accepter de condamner un journaliste qui utilise le conditionnel ("Si tu reviens, j'annule tout". Voilà le contenu d'un SMS que le chef de l'Etat aurait envoyé à son ex-épouse huit jours avant son mariage) et qui est protégé par la loi française et la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme quand on est responsable de ces mêmes droits de l’homme.
Nicolas Sarkozy a, par ailleurs, choisi la voie la plus dure pour attaquer en justice le site du Nouvel observateur : le chef de l’Etat poursuit sur la base du code pénal, alors qu’il aurait très bien pu engager des poursuites civiles pour atteinte à la vie privée, il choisi ainsi la voie la plus dure pouvant aller jusqu’à de la prison ferme ! Engager une poursuite au pénal permet, de plus, de faire convoquer le journaliste incriminé devant la justice et éventuellement de lui demander de révéler ses sources. Ce qui n’est pas le cas dans le cadre d’une affaire civile. Sur ce sujet, Sarkozy démontre duplicité car lors de sa conférence de presse du 8 janvier n’avait-il pas dit "Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources. Chacun doit le comprendre, chacun doit l'accepter. (...) Il m'arrive d'être mitigé sur le respect d'une certaine déontologie professionnelle de certains de vos confères, je ne l'ai jamais caché et je l'assume. (...) [Mais] je préfère les excès de la presse à l'absence de la presse." Enfin, le chef d’accusation de ’faux et usage de faux’ retenu par son avocat prévoit une peine d’emprisonnement. Même si nous faisons confiance à la justice pour faire preuve d’équité, cette manière de procéder suscite l’inquiétude et de nature à favoriser l’autocensure : Cette action "relève d'une volonté d'intimidation à notre égard et à l'égard de la presse en général", indique Michel Labro, codirecteur de la rédaction du Nouvel Observateur.
Enfin, la procédure est inéquitable car le président de la République est lui dans une position où il n'est pas possible d'investiguer sur son cas.
Mais pour Guillaume Malaurie, la plainte correspond d'abord à une "stratégie politique". Alors que "le Président est dans un climat de fragilité énorme", il contre-attaque en s'en prenant à la presse, la semaine où les trois principaux news magazines titrent "Le Président qui fait pschitt..." (Nouvel Observateur), "La déception" (L'Express) et "Ce qui Cloche" (Le Point).
Mais peut-être, le plus choquant c’est qu’on ne parle pas de la fin de l’article qui est sur le fond bien plus grave. En effet le Nouvel Obs révèle que : "Pendant son mariage, le chef de l’Etat est apparu à plusieurs témoins moins heureux qu’on aurait pu l’imaginer. Il était même particulièrement tendu lorsque Catherine Pégard, à l’issue de la cérémonie, lui a soumis un communiqué. Il l’a renvoyé dans les cordes : "Pas besoin de communiqué, tous ces cons, j’en ai rien à foutre" lui a-t-il lancé." Avant d’aller voter pour un candidat UMP, rappelez-vous : 1) leur chef n’en a rien à foutre de nous, 2) nous sommes qu’une bande de cons et en votant pour lui nous lui donnons raison.
02 février 2008
La taille de Sarkozy et la presse
Quelle est la vraie taille de Nicolas Sarkozy. Secret d'état et manipulation de la presse.
Pour mesurer la taille de notre omniprésident il suffit de le mettre à côté de personnes dont on connaît la taille. Premier échantillon Carla Bruni. Dans toutes les photos publiées par la presse, Nicolas est plus grand que Carla.
Second échantillon G.W. Bush :
Ces photos laissent penser que Sarkozy mesure plus de 1,76 m, taille de Carla, et un peu moins de 1,83, taille de GW.
Hors, rien de tout cela, une photo plus ancienne montre que Nicolas est vraiment petit :
Ce qui a fait dire au photographe Depardon pendant la campagne : "Sarkozy n'a qu'un handicap d'image : il est petit. Pour qu'une photo de lui soit bonne, il faut travailler baisser, essayer de le décrocher pour le grandir".
Que d'effort donc pour les photographes de presse pour nous le présenter sous un meilleur jour. Mais quelle taille fait-il ? Certain dise 1,68 m (le Journal du Dimanche), d'autre 1,62m. Autre hypothèse, la fonction grandit l'homme ou ...
29 janvier 2008
Annulation d'une émission sur "Sarkozy et les femmes"
Selon Philippe Labro, vice-président de la chaîne Direct 8, c'est "une technique défaillante" qui a provoqué l'annulation peu avant sa diffusion, vendredi 25 janvier, de l'émission consacrée à "Sarkozy et les femmes". Selon lui, il n'y a eu "aucune suppression pour des raisons de contenu".
Par ailleurs, le magazine Closer a été condamné, lundi 28 janvier, à 30 000 euros de dommages et intérêts pour avoir publié une photo de Cécilia Sarkozy en maillot de bain à côté de celle de Carla Bruni.
Source : Le Monde
16 décembre 2007
Liberté de la presse en danger
La liste des attaques contre les journalistes augmente dangereusement. Dernière en date, la mise en garde à vue du journaliste du Monde Guillaume Dasquié. Ces attaques remettent en cause « le secret des sources qui est la pierre angulaire de la liberté de la presse » selon la jurisprudence de la cour européenne des droits de l’homme. Ces attaques ressemblent à une entreprise d’intimidation à l’égard des journalistes qui auraient envie d’enquêter, et surtout à ceux qui auraient envi de les aider. Kadhafi aurait-il eu raison de se poser des questions sur les droits de l’homme en France ! Les faits :
Guillaume Dasquié, serait coupable d’avoir publié des notes de la DGSE « confidentiel-défense » qui aurait conduit à une « compromission du secret de la défense nationale ». En fait rien de tel, l’existence des notes en question avait déjà été révélée en 2001 par le Canard Enchaîné. C’est une nouvelle remise en cause du principe de secret des sources journalistiques. Certes, ce principe n’existe pas dans le droit français, mais est bien dans la loi européenne qui est supérieure aux lois internes. La cour européenne va même plus loin : elle interdit qu’on pose seulement la question aux journalistes !
Cette violation n’est pas une première : perquisition au Point et à L’Equipe, saisie à France 3, tentatives de perquisition au Canard et à l’agence Capa, journalistes interrogés et mis en examen.
Si ce ne sont pas les affaires qui inquiètent (comme pour le journaliste du Monde), l’explication est que le gouvernement ne souhaite plus un journalisme d’enquête et préfère une information à sa main comme TF1 ou Europe 1. Par ces actions le gouvernement cherche à intimider journalistes et informateurs, par ces actions le gouvernement remet en cause les libertés fondamentales de toutes démocratie. Par ces actions Sarkozy nous rappelle de plus en plus Napoléon III.
18 novembre 2007
Sarkozy annonce les nominations des patrons de presse !
Lors d’une réunion avec la rédaction en chef des Echos, Nicolas Sarkozy leur annonce le nom de leur nouveau patron. C'est désormais officiel : l’Omniprésident de la République annonce lui-même les nominations des patrons de presse ! De plus, ce nouveau était l'un des invités de la soirée de victoire au Fouquet's, au soir du second tour de l'élection présidentielle. Les journalistes des Echos, de dangereux gauchistes, avaient raison : liberté de la presse est bien en danger. Les faits :
Selon Rue89, l’omniprésident de la République reçoit le directeur de la rédaction Erik Izraelewicz des Echos, et quelques membres de la rédaction en chef du journal. Ceux-ci s'attendent à ce que le Président discute de la semaine sociale, du pouvoir d'achat... Mais très vite, Sarkozy met la discussion sur un terrain plus sensible, pour ses visiteurs: le rachat du premier quotidien économique français par le milliardaire Bernard Arnault, une opération contre laquelle ceux-ci se battent depuis le début de l'été.
Erik Izraelewicz et ses collègues n'en croient pas leurs oreilles. D'un ton cassant, Nicolas Sarkozy leur déclare qu'ils sont idiots de refuser le rachat, qui a été annoncé le 5 septembre: Bernard Arnault, leur explique le président, est un homme très bien, et "il va investir" dans leur journal...
Source : Pancho, Le Monde
A la fin de l'entretien, Nicolas Sarkozy lâche, sec: "Et Nicolas Beytout ?" Silence de mort des visiteurs, estomaqués. Rompant le silence, Sarkozy répète: "Et Nicolas Beytout ?". Nicolas Beytout, actuellement directeur des rédactions du Figaro aurait négocié un poste plus large que celui de simple directeur de la rédaction des Echos (qu'il a déjà occupé): il serait nommé à la tête du holding qui coiffe Les Echos, DI group ou d'une nouvelle structure nommée LVMH Médias.
28 octobre 2007
Sarkozy ne supporte pas les journalistes indépendants
Même quand ils sont américains.
"Sarkozy l'Américain" n'aime pas les questions de la presse américaine (Source @arrêt sur images).
Sarkozy se lève et met fin à l'entretien parce qu'il n'a pas aimé une question d'une journaliste: ce sera dans CBS, dans l'émission-culte "60 Minutes", ce dimanche 28 octobre. Et CBS s'en pourlèche déjà, puisqu'elle en a fait sa bande-annonce.
Sarko l'américain : clash en interview sur CBS
envoyé par puissance-mgd
Sarkozy n’a plus l’habitude à force d’être interviewé par des journalistes fantoches.
Sarkozy veut bâtir un PAF à sa main
En faisant un cadeau à ses amis patron de l'audiovisuel, Nicolas Sarkozy veut renforcer son contrôle sur les médias et met une nouvelle fois à mal l'impartialité.
La ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel a annoncé le lancement de chantiers en vue d'une réforme globale de l'audiovisuel. Dans sa lettre de mission à la ministre, le chef de l'Etat avait formulé cet été le souhait d'une "remise à plat" de la législation qui tienne compte de la "nouvelle donne du marché" et permette "l'émergence de grands groupes de communication audiovisuelle français de premier plan". Les objectifs :
- Supprimer les seuils anti concentration qui limitent à 49% la part d’un actionnaire dans une chaîne de télévision ;
- Permettre le rapprochement producteurs et diffuseurs ;
- Revoir la réglementation sur la publicité afin d’augmenter les recettes des chaînes.
La perspective de cette réforme de l'audiovisuel dope les actions des chaînes et bénéficie aux amis de Sarkozy (Bouygues et Frère) qui en sont les propriétaires.
Inversement, France Télévision, soupçonné d’être un repère de dangereux gauchistes incontrôlables, s’est vu refuser une augmentation de la redevance par le gouvernement, augmentation pourtant proposée et votée par les députés de la majorité.
Ce faisant Sarkozy accroît son contrôle sur les médias en faisant des cadeaux à ses amis !
21 octobre 2007
Nouvelle campagne de l’UNEF : interpellations pour crime contre lèse-Sarkozy
Arrestation pour collage d’une affiche montrant Nicolas Sarkozy faisant un doigt d’honneur. Une nouvelle preuve des atteintes à la liberté d’expression en Sarkoland.
Trois étudiants de l’Unef qui collaient l'affiche de la nouvelle campagne du syndicat étudiant ont été entendus dans le cadre d'une enquête sur la base d’outrage et de dégradation légère, transmise au procureur par la police puis relâchés.
Le parquet doit se prononcer sur d’éventuelles poursuites : seront-ils au final poursuivis au titre d’offense au chef de l’Etat, chef d’accusation qui figure dans la loi sur la liberté de la presse de 1881 ? Article qui n’a pourtant pas été utilisé depuis Georges Pompidou.
France 3 sujet unef
envoyé par romainasi
L’affiche, qui commence à être placardée dans toute la France, fait aussi parler d’elle en région parisienne. Certains membres de l’Unef de l’université Paris 12 de Créteil (Val-de-Marne) croient savoir que des instructions auraient été données par l’administration pour arracher ces affiches quand elles seront collées. A la présidence de l’université, on assure en revanche "qu’aucune consigne particulière n’a été donnée en ce sens".
Rappelons que, lors du débat sur la publication des
caricatures du journal Charlie Hebdo, le ministre de l'Intérieur Nicolas
Sarkozy déclarait : "La
caricature, c'est l'excès. A tout prendre, je préfère l'excès de caricature à
l'excès de censure". Alors
excès de zèle de Sarkophyles ou la caricature oui, mais des autres !
Culte de la personnalité : elysee.fr une caricature
Disponible uniquement en français, recouvert de photo de Nicolas Sarkozy, calqué sur le site de la campagne présidentielle de l'UMP… Elysée.fr est un vrai beau site de propagande ! Site qui fait honte à la France par comparaison.
Le nouveau site de l'Elysée est une apologie à notre omniprésident : pompe et personnalisation de la fonction ! Comme l'a remarqué le Canard enchaîné le nouveau site ressemble au site de la monarchie britannique : c'est en effet le seul où on retrouve à toutes les pages, comme sur Elysée.fr, l'image du souverain, du chef d'Etat. Il ne manque plus à Sarkozy que la couronne !
En revanche il soutient mal la comparaison avec ceux des autres chefs d'Etat européens. Une petite démonstration vidéo édifiante, offerte par le magazine iPol.
Elysee.fr c'est raté !
envoyé par iPolTV
Le magazine web iPol nous en fait la démonstration, le comparant simplement avec ceux des dirigeants européens : pédagogiques, ergonomiques, centrés sur la fonction et non sur la personne… Mais où est donc la photo de Gordon Brown sur le site du premier ministre britannique ? Quelle drôle d'idée a eu la Chancelière allemande de créer une section réservée aux enfants !
Pour ceux qui avaient encore des doutes sur la mégalomanie du président, ils en ont ici une nouvelle preuve.











