24 mars 2008

Jugement à Nuremberg, un film d’actualité

Sans comparer la situation actuelle à celle de l’Allemagne en 1933, revoir le film de Stanley Kramer est un devoir car il apporte un regard utile sur les événements actuels, car il rappel que tout compromis avec les valeurs fondatrices de nos civilisations occidentales est le premier pas vers des crimes contre l’humanité, que nous avons tous une part de responsabilité.


Nos sociétés doivent être exemplaires ou elles légitiment toutes les dérives des pays qui ne respectent pas les droits de l’homme. Dans le film, l’avocat de la défense utilise des parallèles avec les forces alliées : aux Etats-Unis existait des lois sur la stérilisation, Churchill avait en 1938 implicitement soutenu la politique de Hitler la justifiant par le contexte, les Etats-Unis avaient soutenu le réarmement de l’Allemagne. Le juge lors de la lecture du verdict reconnaît cette culpabilité collective mais affirme que la responsabilité collective ne dédouane pas l’homme de sa responsabilité individuelle. Si nous regardons ce qui se passe actuellement, nous pouvons dire que nous ne sommes pas exemplaires. Les Etats-Unis en justifiant l’usage de la torture justifie toutes les dictatures. La France en ne reconnaissant pas ses crimes contre l’humanité lors de la colonisation et de la décolonisation n’est pas légitime pour condamner la politique de la Chine au Tibet. La France en ne respectant pas les droits de l’homme permet à des dictateurs tel que Kadhafi de justifier leur politique en la comparant à la notre. On comprend mieux les grands silences de notre ministre des Affaires Etrangères.

La justice doit être garant du respect des droits de l’homme et ne pas être au service instrumentalisé par le pouvoir. Les accusés du film sont des membres de l’institution judiciaire allemande. De part leur action ils légalisèrent le système mis en place par Hitler. Le juge américain du film, rappel qu’à partir du moment où on accepte, ne serait-ce que dans un cas, une décision injuste, contraire aux droits de l’homme, on accepte que dix, mille, un million de cas se produisent : on sait où cela commence, on ne sait jamais où cela s’arrêtera. Si nous regardons ce qui se passe actuellement en France nous ne pouvons que constater que nous ne sommes pas sur la bonne pente : par exemple, avec la loi sur la rétention de sûreté, on accepte qu’une personne soit privée de liberté pour un acte qu’elle pourrait peut-être commettre dans le futur, on accepte ainsi potentiellement l’enfermement arbitraire (rappelons ici que pour justifier la loi, la majorité c’est appuyée sur l’exemple allemand et une loi héritée d’Hitler !).

Le respect des valeurs fondatrices de notre civilisation est le garant ultime contre la barbarie. La loi n’est utile que parce que individuellement nous ne respectons pas les valeurs, mais ce sont les valeurs qui doivent guider nos actions. Si les juges qui ont légalisé la politique de Hitler sont coupables, ils ne sont pas les seuls. En effet, sans une somme de petits compromis avec les valeurs, la solution finale n’aurait jamais existé. Si l’armée allemande n’avait accepté les excès de Hitler pour retrouver sa puissance militaire, si les leaders économiques allemands ne les avaient pas acceptés pour retrouver la puissance économique, si le peuple allemand n’avait pas accepté la recherche de boucs émissaires… jamais la solution finale n’aurait existé : avec les valeurs il n’y a pas de compromis possible. Si nous regardons les dernières élections présidentielles en France, une partie importante de la droite a accepté des compromis avec ses valeurs convaincue que seul Nicolas Sarkozy pouvait rendre à la France sa grandeur économique ; Ils ont accepté un discours populiste, une dérive droite nationale juste pour un programme économique. Les français ont accepté le discours tendant à opposer telle France contre telle autre ; ils ont accepté l’utilisation de boucs émissaires. C’est pourquoi, directement ou indirectement, de nombreuses autorités morales (la ligues des droits de l’homme, l’église catholique…) ont appelé a un vote contre Nicolas Sarkozy.

Enfin, indirectement, le film nous rappel que le rôle moral de l’état est de pousser les hommes à la transcendance et non de flatter leurs bas instincts. C’est ça une politique de civilisation, c’est le contraire de ce que notre omniprésident fait.

Même si nous ne sommes pas dans la situation de l’Allemagne en 1933, même si Nicolas Sarkozy n’est pas Hitler, il est urgent de revoir ce film car il met en évidence certains maux dont nos sociétés occidentales souffrent et dont nous ne pouvons prévoir les conséquences. Individuellement nous avons un devoir de vigilance républicaine pour défendre notre modèle.

Info Rue 89 : Les juges dénoncent la pression du chiffre et les objectifs du gouvernement en termes de reconduites à la frontière.

Posté par Droite Moderne à 12:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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