27 février 2008
Rama Yade, une drôle de manière de défendre les droits de l’homme
Peut-on traiter les hommes comme des bêtes, oui selon notre secrétaire d’Etat aux Droits. La preuve :
Répondant notamment à une question sur l’utilisation l’été dernier du malodore pour éloigner les SDF du centre-ville (lire l'article), Rama Yade a déclaré : « Il faut tout tenter dans une ville ». Voir la vidéo.
Rama Yade sur le malodore à Argenteuil
envoyé par vonews
Rappel : Le "Malodore", concentré à diluer et à pulvériser à l'aide d'une pompe laisse une rémanence nauséabonde pendant plusieurs semaines, avait été commandé par la ville d'Argenteuil en juillet 2007 pour se débarrasser des SDF. Heureusement, les agents municipaux ont refusé de diffuser, comme le demandait la mairie : "Le carton précisait que le produit était toxique et irritant, et qu'il ne fallait pas le respirer, alors, les agents ont décidé de ne pas le diffuser, car ils veulent bien 'chasser des rats mais pas des SDF'", avait déclaré à l'AFP un agent, sous couvert d'anonymat.
Les SDF ne seraient-ils pas des hommes ?
Source : Rama Yade sur le malodore à Argenteuil : «Il faut tout tenter dans une ville»
Nicolas Sarkozy se comporte-t-il en Président ?
Le sondage Ipsos-Le Figaro permet de souligner le rôle d’un président et montre, pour ceux qui en doutaient encore, que Nicolas Sarkozy a eu tord.
Le rôle d’un président de la république est de défendre les institutions même quand une majorité voudrait les remettre en cause. Or dans le cas de la loi sur la rétention de sûreté, le Président a, en appelant à contourner l’avis du conseil constitutionnel, été dans le sens des français qui, malheureusement, sont majoritairement pour une loi anti-constitutionnel (voir le sondage Ipsos-Le Figaro). Pire, il a encouragé les français en jouant sur le registre de l’émotionnel alors que son rôle est d’élever le débat.
Même une partie de la droite est choqué. Pascale Clément ancien Garde des
Sceaux considère que : "Pour moi, c'est très limite sur le plan
philosophique. De grands pays européens l'ont fait (l'Allemagne, la Belgique,
les Pays-Bas...), mais je continue à trouver que c'est limite." Et d’ajouter
"Je pense que 80 % des Français sont aussi pour la peine de mort... Ce
sondage ne me surprend pas (…) Si on joue sur cette corde, ça marche toujours.
Le rôle de l'homme politique est de prendre un peu de recul."
Exemplarité
A l’heure où les ministres parlent de morale et de politesse, la défense par ces derniers de la dérive du président est particulièrement choquante. Il ne faut pas avoir seulement le titre pour avoir le respect qui s’y attache, il faut respecter sa fonction.
«Franchement, ça nous arrive à tous d’avoir ce type de réaction quand on est insulté […]. Le président de la République, c’est un homme. Ce qui compte, c’est aussi la façon dont on réagit, c’est la transparence. Il n’y a pas d’hypocrisie», a déclaré le Premier ministre. Oui le Président est un homme, mais il doit montrer l’exemple, surtout quand on fait la leçon aux autres sur la politesse.
«Le président de la République ne se laisse pas insulter», a renchéri Xavier Bertrand. C’est bien, mais est-ce une raison pour se rabaisser au niveau que l’on réprouve ?
Le Président prouve qu’il est «spontané» et «assez moderne dans son comportement» dit Michel Barnier. Est-ce que l’insulte est moderne ?
Xavier Darcos se demande "Plutôt que de dire 'mais enfin comment, qui c'est ce type ? (...) comment se fait-il qu'en France on peut insulter le président de la République ?', on vient faire un procès à un président qui réagit un peu vivement (…) Il y a aujourd'hui un effort à faire pour que la nation respecte son président et je trouve qu'une partie de la gauche se met à utiliser le registre lepéniste". Certes il faut respecter le Président de la République, mais encore faudrait-il que celui-ci se comporte en Président ! A l’inverse, comment un ministre de l’éducation qui défend la politesse, à raison, peut-il défendre un président qui traite une personne de "pauv’ con" ? Où est l’exemplarité ?
Le fidèle Roger Karoutchi franchit un pas : Sarkozy fait preuve «d’une sérénité vraiment exceptionnelle». Dans la même situation, j’aurait sans doute «mis une baffe» à son agresseur. C’est ce que l’on attend d’un ministre !
Les défenseurs du chef de l’Etat se disent «choqués» qu’un homme puisse aller jusqu’à refuser de serrer la main tendue du président de la République ? Mais peut-on obliger un Homme à serrer la main d’une personne dont il ne partage aucune des valeurs. Je ne pense pas, et moi-même j’aurais refusé la main de Nicolas Sarkozy.
