07 février 2008

Populisme, la vraie nature de Sarkozy

Décrétées "vides" par Nicolas Sarkozy le 8 janvier, les caisses de l'Etat se sont subitement remplies pour permettre au gouvernement de faire des cadeaux préélectoraux et des promesses qui n’engageront, une fois de plus, que ceux qui y auront crues. On attendait la rupture, et on retrouve après seulement neuf mois un clientélisme des plus classiques. En voulant satisfaire une partie de son électorat, Sarkozy se condamne à être critiqué par l’autre partie. Les faits :


Lors de la sortie à Boulogne-sur-Mer où il était allé rencontrer des marins-pêcheurs, notre omniprésident en campagne  a annoncé : "Il faut apporter une réponse beaucoup plus souple aux problèmes de la pêche que celle des quotas", a-t-il ainsi déclaré. Et, fidèle à sa manie de balancer des affirmations sans aucun fondement, d’ajouter "A partir du moment où tout le monde dit que la ressource est revenue, il faut qu'on ait une réponse beaucoup plus souple sur les quotas, quels que soient les espèces et les lieux de pêche". Son "tout le monde dit que la ressource est revenue" doit par conséquent être complété ainsi : "sauf les scientifiques et les défenseurs de la nature, mais on s'en fout !"

Le 4 février, Nicolas Sarkozy effectue, sous les feux des caméras, une brève aux salariés de l'usine de Grandrange. Notre président se propose donc de financer, à hauteur de 30 millions d'euros et sans aucune contrepartie, la modernisation d'une usine appartenant à un groupe industriel étranger. Se faisant Sarkozy fait naître des espoirs chez les salariés d'ArcelorMittal qu’il sait qu’il ne pourra pas satisfaire car cette subvention ne sera pas autorisée par les autorités européennes. Mais, le chef de l'Etat risque fera une nouvelle fois porter le chapeau à l'Europe !

Après avoir longtemps résisté, Eric Woerth propose un relèvement de 0,5% du point d'indice dans la fonction publique au 1er mars, soit juste avant les élections, et déclare que la hausse des rémunérations des fonctionnaires pourrait atteindre 3,7% en 2008, soit un coût pour l’état de l’ordre de 3 milliards d’euros.

Les chauffeurs de taxi ont été, à leur tour, bénéficiaires de la chute de popularité de Nicolas Sarkozy et, bien sûr, de l'approche des élections municipales. En deux journées d'action et quelques bouchons, ils ont réussi à tuer la proposition du rapport Attali qui les concernait - et qu'avait implicitement approuvée le président de la République. Il n'y aura donc pas de dérégulation du secteur des taxis : le même gouvernement qui tenait tête aux cheminots en novembre au nom de la lutte contre les corporatismes, accepte cette fois sa défaite sans broncher.

Autre bénéficiaire collatéral de la stratégie "sauver les meubles" de l'Elysée, les retraités. Les études d'opinion, le mois dernier, montraient que c'est parmi les plus de 65 ans que Nicolas Sarkozy avait le plus dévissé. Or c'est dans cette catégorie d'électeurs qu'il avait engrangé le plus grand différentiel de voix avec Ségolène Royal l'an dernier: les deux tiers d'entre eux avaient voté pour lui.

Dernier en date les buralistes qui après leur passage à l’Elysée espère bien un pas en arrière sur l’interdiction de fumer dans les lieus publiques.

Qu'il s'agisse de désamorcer la crise des taxis, ou de séduire les Français les plus âgés ou encore les fonctionnaires qui ont reçu un petit coup de pouce de pouvoir d'achat, ce sont les premiers pas de la stratégie de reconquête de Nicolas Sarkozy. Car c'est bien lui qu'il faut sauver dans cette affaire, alors que dans les dernières études d'opinion. Oubliée, la mise en garde de François Fillon déclarant, en septembre, l'Etat "en faillite", qui s'était poursuivie par l'absence d'annonces véritables sur le pouvoir d'achat, le 29 novembre, à la télévision. Oublié, au moins le temps d'une campagne, l'aveu d'impuissance du président sur la même question.

C’est la gauche réformiste qui est obligé de rappeler le président la bonne gestion de l’état : "La décision la plus simple à prendre, c'est de donner. La plus compliquée, c'est de savoir comment on finance", a commenté avec agacement François Chérèque, secrétaire général de la CFDT. Aurélie Filippetti, député PS d’ajouter : "il est difficile d'admettre que l'Etat subventionne un groupe et une activité (la sidérurgie) extrêmement profitables aujourd'hui." Sarkozy serait-il devenu membre de la LCR ou de la CGT ?

Posté par Droite Moderne à 22:44 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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