13 janvier 2008
Président de tous et politisation des municipales
Alors qu’il se prétend être le président de tous les français, Nicolas Sarkozy annonce qu’il s’engagera dans la bataille des municipales. Chercher l’erreur ? Cette décision ne fait pas le bonheur de touus les candidats UMP. L’omniprésident et sa politique ne ferait-il plus l’unanimité à l’UMP ?
Lors de sa conférence de presse du 8 janvier, M. Sarkozy avait justifié sa position : "Je m'engagerai, parce que le concept même d'élection dépolitisée est absurde." Il est allé lancer la campagne au conseil national de l’UMP du 12 janvier. Cet engagement n’est pas nouveau et le président est toujours, même s’il en a plus le titre officiellement, président de l’UMP faut de remplaçant. Aussi soit tous les français sont des partisat de l’UMP soit, une nouvelle fois, omnimenteur nous ment lorsqu’il prêtant vouloir être le président de tous les français !
Cette volonté est confirmé par tous : le premier ministre avait tenu le même discours quelques jours plus tôt, le 4 janvier et Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, a déclaré que son parti ne voulait pas faire de ce scrutin "une affaire purement locale".
Toutefois, cette décision ne fait pas le bonheur de tous les candidats UMP pour les municipales.
Source : Pancho, Le Monde
En effet, nombre d’entre eux préfèrent ne pas faire référence à leur appartenance à l’UMP. Par exemple :
- A Bordeaux, Alain Juppé, ancien président de l'UMP, évite soigneusement de participer à des débats sur des thèmes nationaux et ne mettra pas le logo de son propre parti sur son matériel électoral, ni sur sa permanence de campagne. M. Juppé a créé son propre logo : son nom, décoré de deux feuilles, ou de deux pétales pour donner une petite touche écologiste. Le tout est accompagné d'un slogan : "Continuons le changement".
- A Toulouse, le maire sortant va encore plus loin puisqu'il affirme s'être mis "en congé de l'UMP". Dans une ville plutôt centriste, réputée voter à gauche aux scrutins nationaux et à droite aux scrutins locaux, son intérêt est de se présenter comme le candidat du rassemblement et, même s'il a effectivement reçu l'investiture UMP, il ne veut surtout plus apparaître comme le candidat de Nicolas Sarkozy.
- A Rouen même schéma. Le maire sortant ex-UDF, avait appelé à voter pour M. Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle, après avoir soutenu François Bayrou au premier tour. Aujourd'hui, le maire, qui a obtenu l'investiture de l'UMP au niveau national, veut apparaître comme le candidat du rassemblement. "J'ai rejoint le peuple des Français sans parti !", et ne souhaite pas recevoir un appui visible de l'exécutif.
- A Amiens Gilles de Robien a intérêt, lui aussi, à ne pas nationaliser les enjeux. L'ancien ministre de l'éducation nationale fait valoir qu'il a conservé son seul mandat de maire, et qu'il veut travailler exclusivement pour sa ville.
Les rats commencent à quitter le navire UMP !
Conférence de presse ou meeting de campagne
Troisième intervention publique, troisième fois où le président est obligé de reconnaître ses échecs. Après l’amorce d’un virage durant ses vœux, la conférence de presse est le tournant. Elle a plus ressemblé à un meeting de campagne qu’à une conférence de presse d’un Président de la France. Histoire en trois temps :
Fin novembre, lors d’une intervention télévisée, le président avait reconnu implicitement son double échec : échec sur la sécurité ou il nous fait pensé aux médecins de Molière qui impuissants propose toujours plus du même remède ; échec économique avec un état en faillite, "Les Français savent très bien qu'il n'y pas d'argent dans les caisses". A cette époque, l’omniprésident nous annonçait une nouvelle loi pour relancer le pouvoir d’achat, loi qui va accouchée d’une souris : 3 français sur 4 ne font pas confiance au Président sur ce sujet.
Fin décembre, Nicolas Sarkozy revient pour ses vœux. Comme à son habitude, il nous dit tout le bien qu’il pense de son action et commence un virage en annonçant l’ouverture d’une nouvelle étape avec la politique de civilisation. Comme à son habitude, il change de sujet rapidement pour que l’on n’ait pas le temps de faire le point sur son action catastrophique, et pour raison car la réalité résiste à la volonté omniprésidentielle et diffère des propos, des rêves, des mensonges d’omnimenteur.
Lors de la conférence de presse, Sarkozy tourne définitivement la page. Le "président du pouvoir d’achat" de la campagne présidentielle nous dit aujourd’hui : "Qu’est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vide ?", oubliant de dire que c’est lui qui les a vidées ! Et d’ajouter : "Réduire le débat politique au pouvoir d’achat, c’est absurde" et de demander si "le seul objet d’un président de la République était de dire « voilà de combien le SMIC va augmenter. »". Voilà qui est clair, qu’on ne l’embête plus sur ce sujet.
Afin d’être certain de tourner la page, l’omniprésident lance un nouveau concept, un nouveau chantier : la politique de civilisation. Nous avons eu droit un grand programme de campagne dans lequel le candidat permanent annonce la renaissance de la France. Il annonce qu’il va changer la vie, l’amour, l’école, le monde, Paris, l’hôpital, les outils de mesure de la croissance, la participation, l’audiovisuel. Et coment s’occuper de la renaissance de la France si l’on est perpétuellement interrompu par des obtus qui ne pensent, qui ne parlent que de pouvoir d’achat !
Toutefois, les français sont de moins en
moins dupes. Ils ne sont plus qu’un petit 50% à lui faire confiance, bien loin
des scores de l’après élection. Ils n’ont pas été convaincus par son
intervention même s’ils sont d’accord avec les mesures proposées (sauf sur les 35 heures, sujet sur lequel le président et le gouvernement font du rétro pédalage).
Mobilisons nous pour que les municipales soient un avertissement fort.
