05 janvier 2008

Vœux pieux, mensonges piteux

Lors de la présentation de ces vœux, Nicolas Sarkozy notre omniprésident et revenu sur l’année 2007 pour nous dire tout le bien qu’il pense de son action. La comparaison entre les faits et ses propos confirme une seule chose, Sarkozy est bien omnimenteur. Démonstration en 11 points :


Pour Nicolas Sarkozy 2007 a été l’année de l’urgence.

1. Urgence à dépasser les vieux clivages partisans.

La nomination de ministres d’ouverture était un signe encourageant sur l’ouverture. Toutefois, après analyse des faits on constate que leur emprunte dans l’action du président est proche de zéro. Les débats sur la nouvelle loi sur l’immigration en sont une preuve criante, les remous autour de la visite de Guide Kadhafi en sont une autre, Bernard Kouchner n’est qu’un ministre potiche et, de même Fadela Amara qui, après sa déclaration au point comme quoi elle ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy en 2012 et que le candidat-président le savait, a été forcée de revenir en arrière et de dire qu’elle voterait, finalement, pour le candidat « capable de mener à bien les réformes », et que les réformes, justement, Nicolas Sarkozy était en train de les réaliser.

2. Urgence du choc fiscal et social pour rétablir la confiance et soutenir l'activité et qui a permis à notre économie de mieux résister que d'autres au ralentissement de la conjoncture.

En 2007 et selon les résultats publiés par L’Expansion de janvier 2008, la France serait le plus mauvais élèves en Europe Occidental (18ème sur 18) avec une croissance de seulement 1,6% soit un point de moins que la région et la situation ne devrait pas s’arranger en 2008 où nous devrions nous situer, selon les prévisions, à l’avant dernière place.  Sur la période 2000-2006 la croissance de la France était 12ème. Où notre omnimenteur de Président voit-il une résistance supérieure ! Cette vérité des chiffres se retrouve au niveau du moral des français qui n’a cessé de se détériorer depuis juillet 2007 pour atteindre -29 et Alexandre Law, chef économiste chez Xerfi, considère que "La crise de confiance actuelle est loin d'être anodine".

3. Urgence du pouvoir d'achat.

Les français considèrent que leur pouvoir d’achat a baissé. Nicolas Sarkozy a été élu pour être le président du pouvoir d’achat. Aujourd’hui les français sont déçus et ils ne sont que 25% à lui faire confiance pour l’augmenter – soit un taux en chute de 11 points par rapport à août 2007. Cette baisse s’explique simplement par l’action du gouvernement. Par exemple, alors que le candidat Sarkozy promettait d’augmenter les petites retraites, Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, voté cet automne, a décidé de limiter leur augmentation à 1,1% pour 2008 alors que l'inflation est remontée et devrait finalement dépasser les 2% en 2007. Qu'à cela ne tienne! François Fillon a décidé qu'il ne fallait pas, dans ce domaine, "prendre de décisions hâtives" et qu'on remettrait tout cela à plat lors du grand rendez-vous prévu au printemps. Où est l’urgence revendiquée par le Président ! Quant à la revalorisation des petites retraites promise, il semblerait qu'elle requiert, elle aussi, une longue réflexion préalable. En tout cas, plus longue que celle qui a conduit à mettre en place les franchises médicales, cadeau amer de nouvel an pour les moins aisés et qui lui pèse sur le pouvoir d’achat.

4. Urgence de l'autonomie des universités.

Le candidat Nicolas Sarkozy avait tracé un projet ambitieux pour rénover le système universitaire français, un projet en rupture avec les politiques précédente. Aujourd’hui c’est la rupture avec la rupture selon le journal L’Expansion (décembre 2008) et la réforme faite s’inscrit dans la continuité et ne répond qu’à des préoccupations de gestionnaire : devant la rue, les quelques mesures importantes ont été adonnées par un Sarkozy lâchant en rase campagne sa ministre ; courage fuyons ! L’urgence de l’autonomie c’était plus une opération de marketing pour le produit Nicolas Sarkozy qu’une réponse aux vrais problèmes. « Par fétichisme de la vitesse, on a choisi la précipitation, les négociations baclées et les concession excessives » juge François Bayrou.

5. Urgence de réformer les régimes spéciaux.

Mêmes causes, mêmes effets. Comme pour la réforme des universités, après avoir hésité entre fermeté et négociation, le gouvernement et les entreprises publiques font des concessions excessives qui reviennent en pratique à maintenir un statu quo tout en donnant l’impression de réformer : le gouvernement remplace les régimes spéciaux par des régimes sur mesure. Pas d’économie pour l’état, pas plus d’équité mais une image de réformateur renforcée. Faut d’avoir parler des vrais sujets, comme la pénibilité du travail, en pratique la réforme, qui était soutenue par les syndicats réformistes, est un recul.

6. Urgence de libérer et de réhabiliter le travail.

Les deux mesures phares, la défiscalisation des heures supplémentaires et le rachat des RTT sont pour l’une une usine à gaz compliqué pou les entreprises et source de frustration des salariés et pour l’autre une mesure qui risque de créer des tensions dans les entreprises qui, se trouvant dans des situations délicates, ne pourront répondre aux attentes crées comme par exemple au Figaro, journal fervent défenseur de cette mesure.

7. Urgence du service minimum.

Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait été catégorique. « Je garantirai trois heures de transports en commun pour aller au travail et trois heures pour rentrer du travail, il est inacceptable que les Français soient pris en otage par les grèves », avait-t-il déclaré le 24 avril sur TF1. Cependant, une fois élu, Nicolas Sarkozy a choisi de surseoir sa promesse (Le Figaro, 07/12/2007), et le terme de « service minimum » ne figure même pas dans la loi. En effet, pour être respectée, instaurer un vrai service minimum impliquait d’assumer le risque d’un conflit avec le Conseil constitutionnel qui pourrait en effet considérer qu’une « garantie de service normal » aux heures de pointe constitue « une atteinte disproportionnée au droit de grève ». Aussi, la loi du 2 août ne fixe aucun quota de trains aux heures de pointe. Le législateur « renvoie la balle » aux collectivités responsables d’un service public de transports – les régions pour les TER – et leur laisse la responsabilité de déterminer ce qu’il faut entendre par « continuité du service public dans les transports ». Mais les élus régionaux n’ont nullement l’obligation de fixer les règles et ils considèrent que Nicolas Sarkozy veut leur faire assumer à sa place une réforme difficile, et dont ils contestent souvent le principe.

8. Urgence de la modernisation de l'Etat.

Suite à un audit le ministre en charge du dossier a présenté une première liste de réformes. Ceux qui suivent le dossier de la réforme de l'Etat y trouveront rassemblé un ensemble d'objectifs souvent de bon sens, mais sans que soient détaillées les méthodes permettant de les atteindre. D'où une impression de déjà-vu. Quelques exemples, il est prévu :

  • d'instituer une programmation plus stricte des dépenses de l'Etat, mais n'était-elle pas déjà prévue par la lolf (qui définit la nouvelle procédure budgétaire) ?
  • de mettre en oeuvre des dispositifs de stabilisation automatique des dépenses d’assurance maladie, mais n’est-ce pas ce à quoi sert les lois de financement de la sécurité sociale ?
  • d’accroître le potentiel opérationnel des forces de sécurité en allégeant les tâches administratives. Autre serpent de mer, mais est-on cette fois prêt à créer les postes nécessaires ?
  • de créer un opérateur national de paye pour les agents publics. Autre vielle idée à laquelle l’état a toujours renoncé de peur d’un bug. Comment payer les agents alors que l’on n’en connaît même pas le nombre ?

La réforme pour Nicolas Sarkozy se résume à la baisse des effectifs. Mais la baisse des effectifs ne peut être qu'une conséquence de la réorganisation et non un but en soi. Tout reste donc à faire !

9. Urgence que la France devienne exemplaire en matière d'environnement.

Le gouvernement a fait un signe fort avec le Grenelle de l’environnement. « Je veux que le Grenelle soit l’acte fondateur d’un new deal écologique en France, en Europe et dans le monde » a déclaré Nicolas Sarkozy, déclaration reprise par le récent prix nobel de la paix AlGore qui souhaite « a Grenel mondial ». Même les ONGs, les écologistes sont sorties contents des résultats obtenus. Toutefois, le flou des annonces et un certains nombre de faits font craindre que, comme toujours avec notre omniprésident, ce ne soit qu’un nouvel effet d’annonce qui sera sans suite. Les mesures prises, plutôt non-prises, depuis les annonces confirment la crainte. De plus en plus d’ONGs prennent leur distance vis-à-vis du Grenelle et tapent du point sur la table (L’Expension, décembre 2007). L’Alliance pour la planète et France Nature Environnement (FNE), qui regroupent de multiples associations, ont dénoncé avec d’autres ONG, mais aussi des syndicats, un reniement des engagements pris lors du Grenelle. Et tout particulièrement en matière de transport : « les premières et principales décisions » prises en la matière « vont à contre sens », se sont-elles insurgées dans un communiqué commun. Dans leur collimateur, les récentes annonces du premier ministre et du secrétaire d’Etat aux transports, en faveur du lancement de différents projets d’autoroutes (doublement de l’axe Saint-Etienne-Lyon, liaison Langon-Pau). Pourtant, épinglent ONG et syndicats, le texte récapitulatif de la table ronde du Grenelle, comme le discours de clôture de Nicolas Sarkozy, sont explicites : ils stipulent que « la route et l’avion deviennent des solutions de dernier recours ». Contradiction flagrante, dénoncent-ils. Bové quant-à lui vient d’entamer une grève de la faim pour exiger l’application d’un vrai moratoire sur les OGM.

10. Urgence du traité simplifié pour débloquer l'Europe.

L’Europe n’est pas débloqué avec ce traité au rabais. En effet, l’application du nouveau système de droite de vote est reportée à 2014 au mieux mais dans les faits à 2017 soit 10 ans d’immobilisme. En revanche, le prix payait est important : la référence aux symboles est supprimée, l’Angleterre est de plus en plus aux marges de l’Europe avec la possibilité d’une Europe à deux vitesses.

11. Urgence que la France se remette à parler avec tout le monde pour qu'elle puisse jouer le rôle qui doit être le sien au service de la paix et de l'équilibre du monde, au service de ceux qui souffrent, des enfants et des femmes martyrisés, des persécutés, de ceux qui attendent au fond de leurs prisons que la France parle et agisse pour eux.

Contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire la France ne reprend pas sa place en Europe, elle est dans un processus d'isolement. Son cavalier seul agace, s'approprier les efforts des autres (libération des infirmières) énerve, ses critiques à l'emporte pièce alors qu'il est le dernier élève de la classe irritent. Cela se retrouve tant dans le discours des hommes politiques que dans la presse.

Au Moyen-Orient, même résultat. Par exemple, après avoir essayer de se rapprocher de la Syrie, Sarkozy est revenu en arrière et a annoncé sa décision de « n’avoir pus de contact avec Damas tant que nous n’avons pas la preuve de leur volonté de laisser le Liban se doter d’un président de consensus » et Bernard Kouchner d’ajouter « nous avons sans doute était naïf ». Bientôt nous verrons les effets de la discussion avec Kadhafi, pour le moment nous n’avons était ridiculisés et les droits de l’homme le grand absent.

En Russie, nous avons était le seul pays à féliciter Poutine pour sa réélection alors que la démocratie avait été clairement violée.

Enfin, les Etats-Unis. Alors que tout le monde prend ses distances avec Bush, seul la France le suit et s’engage de plus en plus dans ses guerres.

Sarkozy essaye de faire le super VRP de la France comme en Chine, mais rien pour les droits de l’homme, rien pour ceux qui souffrent !

Posté par Droite Moderne à 19:51 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

Commentaires sur Vœux pieux, mensonges piteux

    Entièrement d'accord

    Je suis complètement d'accord personnellement sarkozi commence a me sortir par les yx.Je suis fièrement de droite mais sa vie je m'en fou grave de chez grave et il est vraiment pas franc.J'ai l'impression qu'il essaye d'endormir les blaireaux qui lisent voici en parlant plus de sa vie que des faits. Mais pour l'autre partie des francais qui on voté pour lui faudrait qu'il se bouge les **** un peu.

    Posté par OBi, 07 janvier 2008 à 13:39 | | Répondre
  • On est plus seuls alors?

    Je suis heureux de voir que même à Droite on déchante! On commence à comprendre que la seule et unique chose qui intéresse Sarko, c'est Sarko!
    Il n'est ni de Droite ni de Gauche, il est mégalo.
    Je ne suis pas de Droite, mais je respecte vos idées qui ne sont pas forcément toutes mauvaises loin s'en faut, mais avec Sarko vous nous avez imposé ce qu'il pouvait y avoir de pire...
    Continuez votre site, il est apprécié

    Posté par Fred03, 13 janvier 2008 à 00:21 | | Répondre
Nouveau commentaire