Après son voyage à Moscou, Nicolas Sarkozy prend-il ses désirs pour des réalités ou essaye-t-il de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ? Dans tous les cas thrahison et mensonge sont au programme.


Durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a eu des déclarations assez dures concernant la politique russe, qualifiée de «brutale» et critiqué les connivences entre Poutine et Chirac. Quant est-il après sa première visite officielle à Moscou ?

Durant la conférence de presse commune, notre omniprésident a joué les familiers en utilisant "Cher Vladimir", en usant le tutoiement et en invitant ce cher Vladimir à venir en France lorsqu’il ne sera plus Président. Ensuite il a évoqué les convergences, notamment sur le dossier Iranien : "Nos positions se sont très fortement rapprochées" et la coopération économique France-Russie a connu des avancées, avec en particulier la signature d’un important accord entre le géant gazier russe Gazprom et la société française Total avec l’annonce de l’entrée de Total dans le capital de Gazprom.

Toutefois, lorsque l’on écoute le président Poutine, c’est un son de cloche radicalement différent que l’on entend. Ni Nicolas, ni tutoiement et n’a pas relevé l’invitation. Côté convergence ce cher Vladimir "Nous n’avons pas d’information sur la volonté de l’Iran de construire l’arme nucléaire. Nous partons donc du fait que l’Iran n’envisage pas de le faire". Enfin, pas d’entrée prévu de Total au capital de Gazprom.

Si changement il y a, ce n’est certainement pas celui de Poutine qui durci même ses positions. Non c’est un changement radical de notre omniprésident qui assouplit ses positions. Il prend ses désirs pour des réalités et essaye de nous le faire croire : il aurait obtenu des concessions du président Russe ; il serait un proche de ce grand. Nouvelle trahison de ses promesses électorales, nouveaux mensonges.

Pire, Nicolas Sarkozy s'est attiré les moqueries de la presse russe qui note cependant le pragmatisme de Nicolas Sarkozy, soucieux de montrer que "l'amitié" franco-russe ne s'est pas arrêtée avec le départ de Jacques Chirac. Inhabituellement féroce, la presse russe s'attache essentiellement à des détails comme les mimiques du président français, le fait qu'il ait tutoyé M. Poutine ou qu'il porte des chaussures à talonnettes.

  • "Sarkozy s'est réveillé et a vu la Place Rouge", ironise le journal Gazeta, le président français s'étant félicité devant Vladimir Poutine de s'être réveillé sur la Place Rouge, alors que l'hôtel dans lequel il avait dormi ne s'y trouvait pas.
  • Nezavissimaïa Gazeta, titre : "Rêves et fantaisies de Nicolas Sarkozy". "Le Kremlin et la vision de la Place Rouge lui ayant donné des ailes, Sarkozy a parlé lors de la conférence de presse du souhait des investisseurs français d'entrer dans le capital de Gazprom", le géant gazier russe.
  • Le journal Izvestia, pro-pouvoir, se moque pour sa part des "avances" du président Sarkozy à son homologue russe, et relève la froideur de ce dernier.
  • "Les négociations à Moscou entre les présidents russe et français ont montré que les relations entre ces pays vont se construire sur des bases pragmatiques", écrit le journal des affaires Vedomosti. "Il n'y a eu aucun résultat", note-il cependant, évoquant l'absence d'annonces concrètes, sur l' Iran, le Kosovo ou la coopération économique.

Heureusement que la presse russe existe pour informer les français !