23 septembre 2007

Impartialité de l’état et petits arrangements entre amis

Première épisode, la fusion entre GDF et Suez. Les acteurs, les bénéficiaires sont des proches de Nicolas Sarkozy notre omniprésident. Albert Frère et Paul Desmarais sont les deux grands gagnants de la fusion. Le premier est un intime de Nicolas Sarkozy, un acteur dans les médias français. Le second est la plus grosse fortune canadienne et hôte naguère de Nicolas Sarkozy en vacances. Enfin, c’était les deux seuls étrangers présents aux Fouquets pour fêter la victoire de Sarkozy. Si Sarkozy n’avait pas promis de ne pas privatiser GDF et s’il n’avait pas lutté contre la fusion nous aurions pu considérer qu’il s’agissait d’une coïncidence, avec ce contexte, nous sommes dans l’obligation de douter de l’impartialité.

Si maintenant nous analysons les propos des médias, ce n’est ni une contradiction, ni un renoncement, ni un cadeau, c’est un exploit, une nouvelle preuve de son dynamisme (voir Les Echos : Après Alstom, un nouvel exploit du volontarisme de Sarkozy et même Le Monde qui s’incline devant « le géant de la distribution d’énergie »). Seul bémol, France Inter qui a osé rediffuser l’intervention de Sarkozy : « On ne viendra pas à la privatisation. C’est simple, c’est clair et net ! il n’y aura pas de privatisation d’EDF et Gaz de France. C’est simple, c’est clair et c’est net ! ».

Au soir de la victoire Nicolas Sarkozy nous a dit : je ne vous mentirais pas, je ne vous trahirais pas, je ne vous décevrais pas. Dans ce cas il nous a mentit, il nous a trahit mais malheureusement il ne nous déçois pas, nous l’avions prévu.

Nouvel épisode, la réorganisation de filière nucléaire. Sur ordre de l’Elysée, le gouvernement vient de confier une « mission exploratoire » à la banque HSBC et au cabinet McKinsey. Ces choix posent des questions :

  • La banque HSBC a embauché l’ancien président du conseil de surveillance de AREVA,
  • Son successeur est Senior Advisor chez McKinsey.
  • Le patron de l’Agence des Participations de l’Etat qui supervise les privatisations est lui administrateur de AREVA et qui lors de la privatisation des autoroutes a été trop laxiste (voir le rapport de la cour des comptes à paraître).

Quand en plus on sait que Nicolas Sarkozy souhaite donner 35% d’AREVA à Bouygues, dont son président Martin est son « meilleur ami », on peut imaginer le pire. Le schéma favori est le suivant : fusion d’AREVA et d’Alstom avec la création d’une société holding dont Bouygues détiendrait 35% du capital.

Vive l’impartialité de l’Etat selon son omniprésident.

Posté par Droite Moderne à 16:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Commentaires sur Impartialité de l’état et petits arrangements entre amis

Nouveau commentaire