Un rapport commandé par Dominique de Villepin montre que tout ce que Nicolas Sarkozy a dit sur le traitement judiciaire des "émeutes" de novembre 2005 est faux. Non seulement le ministre de l'intérieur a bafoué l'indépendance de la justice, mais il l'a fait pour couvrir l'inefficacité de sa politique sécuritaire. Mais n'est-il pas dangereux pour un président de la république d'affaiblir et de discréditer la justice, une des institutions les plus importantes de la République !


Le rapport du Centre d'Analyse Stratégique sur le traitement judiciaire des violences urbaines de l'automne 2005 apporte un éclairage neuf sur le sujet qui remet en cause la version de Nicolas Sarkozy. Rappel des faits :

  • En juin 2006, Nicolas Sarkozy présente à la presse un premier bilan qui montre l'efficacité de la police et disait que ce qui ne marchait pas était la justice, "je n'ai pas trouvé admissible que durant toutes les émeutes, le tribunal pour enfants de Bobigny n'ait pas prononcé une seule décision d'emprisonnement",
  • l'enquête montre que sur 52 instructions en cours, 16 jeunes ont été condamnés dont 7 avec une peine d'emprisonnement, 3 avec des travaux d'intérêt général et 6 dispensés après exécution d'une mesure de réparation.
  • En septembre 2006, il accuse les magistrats "d'une forme de démission. J'aimerais que l'on m'explique comment on empêche un délinquant de récidiver si on a pas le courage de le mettre en prison". Et d'ajouter après une réaction émue du monde de la justice et du Président de la République "on ne peut pas continuer comme ça, les policiers ne peuvent courir après les mêmes délinquants qui ne sont pas punis".
  • Le rapport montre que les chambres correctionnelles ont fait preuve d'une très grande sévérité et que les personnes relaxées l'ont été, non pas de la faute des juges, mais des policiers qui ont connu des difficultés à constater les infractions et à réunir les éléments de preuves suffisant pour emporter la conviction des juges.

Peut-être que la vision de la justice de Nicolas Sarkozy c'est celle d'avant la révolution, époque où l'on embastillait sans jugement, ou celle de Guatamano. Une fois de plus, nous avons la démonstration que pour gagner les élections Nicolas Sarkozy est prêt à égratigner l'autorité de la justice, jeu très populaire chez la droite nationale où seule la force policière a droit de cité, pour plaire à l'électorat de l'extrême droite. C'est un jeu dangereux !

Pour plus d'information lire le rapport et merci encore au Canard Enchaîné d'avoir révélé l'affaire.